Diplomatie américaine : A peine nommé secrétaire d’Etat, Pompeo part au Proche-Orient

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RYAD (Reuters) – Le nouveau chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, est arrivé samedi à Ryad, la capitale saoudienne, première étape d’une tournée au Proche-Orient lors de laquelle les dossiers iranien et syrien seront notamment abordés.

Le nouveau secrétaire d’Etat, investi jeudi, doit également se rendre à Jérusalem et Amman, la capitale jordanienne.

Le successeur de Rex Tillerson, qui se trouvait vendredi à Bruxelles pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan, a déclaré qu’il aborderait la question du devenir de l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien.

La question a été évoquée par ses conseillers devant les journalistes.

“Nous demandons aux pays du monde entier de sanctionner les individus et entités associés au programme de missiles de l’Iran. Cela a également été une grande partie des discussions avec les Européens”, a déclaré à la presse Brian Hook, un conseiller politique de Pompeo.

Brian Hook a déclaré que les missiles balistiques tirés en Arabie Saoudite par les Houthis du Yémen avaient été fournis par Téhéran. Un homme a été tué

“Les missiles iraniens prolongent la guerre et la souffrance au Moyen-Orient. Ils menacent notre sécurité et nos intérêts économiques et ils menacent particulièrement l’Arabie Saoudite et Israël”, a-t-il dit, évoquant deux grands alliés des Etats-Unis dans la région.

L’accord de Vienne qui encadre le programme nucléaire iranien en échange de la levée de sanctions ne couvre pas son programme de missiles.

DES FONDS ET DES TROUPES

Mike Pompeo, dont Donald Trump a souligné qu’il “pensait comme lui”, a indiqué vendredi à ses alliés que l’hypothèse la plus probable restait que le président américain annonce dans les prochains jours un retrait des Etats-Unis de l’accord de 2015, en dépit des efforts des dirigeants européens, Emmanuel Macron en tête, pour le convaincre du contraire.

“Aucune décision n’a encore été prise, donc, l’équipe y travaille et je suis sûr que nous allons avoir de nombreuses discussions pour parvenir à ce que réclame le président”, a déclaré le chef de la diplomatie américaine lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion à Bruxelles.

Le président américain a menacé de réimposer les sanctions contre l’Iran, à moins que ses alliés européens acceptent de l’amender.

Le président français a appelé les Etats-Unis à ne pas abandonner l’accord, mais il a reconnu ensuite que l'”analyse rationnelle” ne l’incitait pas à penser que Donald Trump aller rester dans le cadre de l’accord.

La Russie, la Chine, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, qui ont conclu l’accord avec l’Iran et les Etats-Unis, le considèrent comme le meilleur moyen d’empêcher la République islamique de développer la bombe atomique.

Autre dossier au programme de la visite de Mike Pompeo : le rôle des Etats-Unis dans la lutte contre l’État islamique dans le conflit syrien. Trump a appelé les pays du Golfe à fournir des fonds et des troupes pour stabiliser les zones autrefois contrôlées par l’EI en Syrie.

Mike Pompeo a été un des premiers membres de l’administration Trump à s’être rendu en Arabie saoudite au début de son mandat en tant que directeur de la CIA (janvier 2017-avril 2018).

A Ryad, il a été accueilli sur le tarmac par son homologue saoudien, le ministre des Affaires étrangères Adel al Djoubeïr. Il devrait rencontrer le prince héritier saoudien Mohamed ben Salman et le roi Salman.

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