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Yémen : Bras de fer sécuritaire et diplomatique dans l’Hadramaout

Yémen – La province de l’Hadramaout, poumon économique du Yémen, est devenue le centre d’une vive épreuve de force. Alors que le gouvernement cherche à reprendre le contrôle des sites stratégiques, les tensions avec les forces du Conseil de Transition du Sud (STC) font craindre une nouvelle escalade dans un pays déjà meurtri par des années de conflit.

Une transition militaire sous haute surveillance

Le gouverneur de l’Hadramaout, Salem al-Khanbashi, a officiellement annoncé vendredi le lancement de l’opération « Réception des camps ». Cette initiative vise à transférer de manière pacifique et organisée le contrôle des sites militaires actuellement occupés par les forces du Conseil de Transition du Sud (STC) vers les autorités officielles. Le gouverneur a tenu à préciser qu’il ne s’agissait nullement d’une déclaration de guerre, mais d’une mesure préventive destinée à garantir la sécurité publique et à éviter tout basculement vers le chaos.

Le renforcement des forces de « Bouclier de la Nation »

Ce mouvement stratégique fait suite à la décision de Rashad al-Alimi, président du Conseil de direction présidentiel yéménite, de confier au gouverneur de l’Hadramaout le commandement général des forces du « Bouclier de la Nation » (Dara’ al-Watan) au sein de la province. Ce corps militaire, soutenu par l’Arabie saoudite, est de plus en plus perçu comme un contrepoids nécessaire pour stabiliser les zones reprises aux différentes factions et unifier le commandement sous l’égide de l’État.

Échec des médiations et blocage diplomatique

Malgré les efforts de désescalade, l’impasse politique demeure totale. L’ambassadeur d’Arabie saoudite au Yémen, Mohammed bin Saeed al-Jaber, a révélé que les tentatives de médiation du Royaume pour obtenir le retrait des forces du STC de l’Hadramaout se sont heurtées au refus catégorique d’Aidarous al-Zubaidi, le chef du Conseil de Transition du Sud. Ce blocage souligne la profonde méfiance qui persiste entre les alliés de façade au sein de la coalition anti-Houthi.

Guerre des transports : Le ciel yéménite sous tension

La confrontation s’est désormais déplacée sur le terrain logistique. Jeudi, le gouvernement yéménite a imposé de nouvelles restrictions sur les vols en provenance et à destination d’Abu Dhabi et de Dubaï, cherchant ainsi à limiter l’influence et les mouvements liés au STC. En guise de représailles, le Conseil de Transition du Sud a ordonné l’arrêt total de tous les vols à l’aéroport international d’Aden, paralysant l’un des rares points d’accès aériens du pays et aggravant la situation humanitaire des civils.

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