Yémen: Dix morts dans des combats entre alliés du gouvernement et séparatistes sudistes

Partagez cet article

Aden (AFP) – Des combats ont éclaté lundi dans le sud du Yémen entre séparatistes et forces alliées au gouvernement qui ont tenté de reprendre Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane, faisant dix morts et de nombreux blessés des deux côtés, selon des sources séparatistes et médicales.

Il s’agit des premiers affrontements militaires de cette ampleur depuis que les séparatistes du Sud ont proclamé le 26 avril l’autonomie de leur région après l’échec d’un accord de paix avec le gouvernement, qui prévoyait le partage du pouvoir entre les deux parties.

D’après un responsable militaire des combattants séparatistes, des forces appartenant à l’aile armée du parti islamiste Al-Islah –allié au gouvernement– ont lancé une opération pour reprendre Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane, dans le sud du Yémen.

Les séparatistes ont réussi à stopper leur progression en faisant de “nombreux morts” et prisonniers dans les rangs progouvernementaux, a assuré à l’AFP ce responsable, Nabil al-Hanachi.

Des sources médicales ont indiqué à l’AFP que huit soldats progouvernementaux ont été tués et 23 autres blessés dans les combats.

Deux combattants séparatistes ont été également tués et onze autres blessés, selon ces mêmes sources.

Les morts et les blessés ont été transférés vers des hôpitaux de la région, ont poursuivi ces sources.

Des images tournées par l’AFP aux alentours de Zinjibar montrent un véhicule blindé en feu et des combattants séparatistes célébrant “la victoire” sur les forces progouvernementales.

Depuis 2014, la guerre au Yémen oppose les rebelles Houthis –soutenus par l’Iran et qui contrôlent le nord du pays, dont la capitale Sanaa– aux forces gouvernementales appuyées militairement depuis 2015 par une coalition emmenée par l’Arabie saoudite.

Mais le camp anti-Houthis est traversé par de profondes divisions entre le gouvernement en exil et un mouvement séparatiste exigeant l’autonomie du Sud du Yémen, le Conseil de transition du sud (STC).

L’accord entre le gouvernement et le STC avait été signé le 5 novembre à Ryad, après la prise de contrôle par les séparatistes d’Aden, la deuxième ville du pays, située dans le sud et non loin de Zinjibar.

Selon des sources yéménites et saoudiennes, cet accord prévoyait d’intégrer des membres du STC au gouvernement, en contrepartie du retour de celui-ci à Aden.

Ce pacte a toutefois vite été caduc, en raison de la non application dans les temps de mesures clés, notamment la formation d’un tel gouvernement.

Selon des ONG, des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, sont mortes depuis 2014 au Yémen, pays qui subit la pire crise humanitaire au monde, selon les Nations unies.

Donner votre avis