Liban: Le gouvernement démissionne, la colère gronde chez le peuple

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BEYROUTH (Reuters) – Les Libanais sont appelés à manifester lundi devant le palais présidentiel de Baabda à Beyrouth pour réclamer la démission du chef de l’Etat, Michel Aoun, six jours après l’explosion qui a détruit une partie de la ville et alors que les démissions se multiplient au sein d’un gouvernement de plus en plus critiqué.

L’explosion de quelque 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis des années sur le port de la ville a fait au moins 158 morts et plus de 6.000 blessés mais elle a aussi ravivé la colère d’une large partie de la population après des mois de crise politique et économique.

Désormais appelé à démissionner en bloc, le gouvernement formé en janvier avec l’appui du Hezbollah, le parti-milice chiite soutenu par l’Iran, devait se réunir dans la journée, selon plusieurs sources ministérielles et politiques.

Après ceux de l’Information et de l’Environnement dimanche, la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, a démissionné lundi en invoquant les conséquences de la catastrophe et les dernières manifestations.

“C’est tout le régime qui doit changer”, a déclaré à Reuters Joe Haddad, un ingénieur. “Un nouveau gouvernement ne fera aucun différence. Ce qu’il faut, ce sont des élections rapides.”

Le Premier ministre, Hassan Diab, a annoncé samedi qu’il allait demander la tenue d’élections législatives anticipées.

Les manifestations du week-end à Beyrouth, qui ont rassemblées plusieurs milliers de personnes, sont les plus importantes depuis le début en octobre du mouvement de protestation contre la crise économique, la corruption et la mauvaise gestion des services publics par une élite politique accusée de détourner à son profit les finances publiques.

Dimanche, les donateurs internationaux du Liban ont promis d’envoyer rapidement et sans condition près de 253 millions d’euros d’aide à Beyrouth. Mais ils ont précisé que la poursuite de leur soutien dépendrait de la mise en oeuvre de réformes institutionnelles.

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