Covid19-Monde : le Royaume-Uni va prolonger son confinement, Trump pense à l’économie

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Londres (AFP) – Le Royaume-Uni s’apprête jeudi à annoncer la poursuite de son confinement face au coronavirus, tandis qu’ailleurs en Europe les plans d’assouplissement se multiplient et que Donald Trump affiche sa hâte de redémarrer l’économie américaine.

“Je ne vais pas préjuger de la décision officielle qui va être prise mais nous avons été clairs sur le fait qu’il est trop tôt pour un changement”, a déclaré jeudi matin le ministre britannique de la Santé Matt Hancock, dont le pays est un des plus touchés avec près de 12.868 morts dans les seuls hôpitaux, et des inquiétudes sur les victimes en maisons de retraite, qui ne sont pas comptabilisées dans les bilans quotidiens des autorités.

Depuis son apparition en Chine en décembre, le Covid-19 a fait plus de 131.000 victimes à travers le monde.

Ce sont les Etats-Unis qui paient le plus lourd tribut, avec 28.326 décès pour plus de 637.000 cas. Et ils ont enregistré un nouveau record mondial mercredi avec 2.569 décès en 24 heures, selon le comptage de référence de l’université Johns Hopkins.

A New York, où les crémations ont plus que doublées et les enterrements quintuplés, Green-Wood, son plus grand cimetière, est arrivé à la limite de ses capacités.

“Et ce n’est pas que Green-Wood”, assure Eric Barna, membre de la Metropolitan Cemetery Association, qui regroupe les cimetières de New York, Long Island et du comté de Westchester. “On est arrivé au point où le système ne peut pas gérer un tel volume en si peu de temps”.

Selon Donald Trump toutefois, les Etats-Unis ont probablement “passé le pic” des nouveaux cas. Et il entend présenter jeudi sa feuille de route pour la “réouverture de l’économie”.

“Nous allons rouvrir des Etats, certains Etats beaucoup plus tôt que d’autres. Certains Etats pourraient en fait ouvrir avant l’échéance du 1er mai”, a assuré le président américain mercredi.

– Appel à la prudence de l’OMS –

En Europe, plusieurs pays, s’appuyant sur le ralentissement des admissions en soins intensifs et des hospitalisations, ont commencé à élaborer leurs plans de déconfinement et même à assouplir quelques mesures.

Tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que “le monde est à un tournant” et préconise une très grande progressivité dans les mesures de déconfinement pour éviter une deuxième vague, la Suisse entend dévoiler son plan jeudi, tandis que certains magasins de Lituanie vont rouvrir leurs portes ce même jour.

L’Allemagne compte aussi rouvrir prochainement certains magasins et, à partir du 4 mai, les écoles et lycées

Mercredi, près de la moitié des écoliers du Danemark ont retrouvé leurs salles de classe après un mois de fermeture. L’Autriche a rouvert mardi ses petits commerces non essentiels et l’Italie, deuxième pays le plus affecté au monde avec 21.645 morts, a aussi rouvert certaines boutiques.

En Espagne (18.579 morts), qui observe un des confinements les plus stricts d’Europe, une partie des salariés a repris le chemin du travail, notamment dans la construction ou l’industrie. Mais le télétravail reste la norme et le plan de confinement devrait être prolongé au-delà du 25 avril.

La situation en France (17.167 morts), qui prépare son plan de déconfinement progressif à partir du 11 mai, semblait également s’orienter dans la bonne direction avec des hospitalisations en baisse mercredi pour la première fois depuis le début de l’épidémie.

Mais des ONG ont dénoncé “des conditions sanitaires pires qu’au Sud-Soudan” dans des bidonvilles de la banlieue parisienne.

– Abandonnés –

“L’Etat ne pense pas à nous, il nous laisse mourir ici. Les puissants ont diffusé le virus pour tuer les pauvres”, dit Livia Kovaci en roumain, les yeux humides. Avant la pandémie, près de 200 personnes vivaient dans ce camp de Saint-Denis, en banlieue parisienne, où des rats morts pourrissent au milieu des débris.

Si l’Europe et les Etats-Unis parlent désormais de déconfinement, des pays comme la RD Congo (21 morts) restent encore sur le qui-vive. Les autorités congolaises craignent en effet “le pire” dès début mai à Kinshasa où l’épidémie “entre dans une phase exponentielle”.

Les écoles, lieux de cultes, bars et boîtes de nuit sont fermés mais les marchés municipaux restent ouverts, avec vendeurs et acheteurs s’agglutinant sans respecter le mètre de distance requis.

En Chine, malgré des critiques venues de l’étranger, les marchés de rue ont rouvert à Wuhan quatre mois après l’apparition du Covid-19 dans la cité du centre de la Chine.

De l’avis des experts, le nouveau coronavirus a fait son apparition fin 2019 dans un marché de la ville, où des animaux exotiques étaient vendus vivants. Le virus d’origine animale aurait pu y muter en se transmettant à l’homme.

Pour aider les pays les plus pauvres frappés par la pandémie en particulier en Afrique, les pays les plus industrialisés du G7 ont pris mercredi la décision “historique” de suspendre pour un an le remboursement de leur dette.

Une bouffée d’oxygène qui tombe à point nommé après la décision très critiquée de Donald Trump de suspendre la contribution américaine (400 millions de dollars par an, plus important bailleur) à l’OMS.

Il accuse l’organisation de “mauvaise gestion” de cette pandémie et d’alignement excessif sur les positions chinoises.

“Nous regrettons la décision du président des Etats-Unis”, a réagi le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, tandis que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a estimé que ce n’était “pas le moment de réduire le financement” des organisations combattant la pandémie.

Contre le Covid-19, “un vaccin sûr et efficace pourrait être le seul outil permettant un retour du monde à un sentiment de “normalité””, a aussi déclaré mercredi M. Guterres, qui l’espère avant la fin de l’année.

Un tel vaccin “sauverait des millions de vie et des milliards innombrables de dollars”, a-t-il ajouté lors d’une visioconférence avec la cinquantaine de pays africains membres de l’Organisation.

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