Libye : pas de vols à Tripoli, cible d’une offensive de Haftar

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Tripoli (AFP) – Le seul aéroport fonctionnel de Tripoli a été touché lundi par une frappe aérienne des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, qui mènent une offensive meurtrière contre la capitale libyenne, une attaque qui a été condamnée par l’ONU.

Depuis jeudi, l’homme fort de l’est libyen et son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) mènent l’assaut vers Tripoli, au prix de violents combats avec ses rivaux du Gouvernement d’union nationale (GNA), provoquant des dizaines de morts et déplaçant plus de 3.400 personnes.

L’ANL a revendiqué le raid aérien contre l’aéroport de Mitiga, dans la banlieue-est de Tripoli, qui a provoqué la suspension immédiate des vols et l’évacuation de l’aéroport, même si l’attaque n’a pas fait de victimes.

Un journaliste de l’AFP sur place a aperçu un cratère d’un mètre de profondeur à proximité d’une piste d?atterrissage et un vieil hélicoptère militaire endommagé par la frappe.

Ahmad al-Mesmari, porte-parole de l’ANL, a indiqué lors d’une conférence de presse que l’attaque visait un avion militaire Mig 23 et un hélicoptère.

Avant même que le raid ne soit revendiqué, l’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, avait estimé que l’attaque constituait “une violation grave du droit international humanitaire qui interdit les attaques contre des infrastructures civiles”.

Le président français Emmanuel Macron a téléphoné lundi au chef du GNA pour lui affirmer son “refus total” de l’offensive du maréchal Haftar contre Triploi, selon un communiqué du service de presse de Fayez al-Sarraj.

La présidence française a confirmé à l’AFP l’entretien téléphonique sans en livrer le contenu.

Selon le communiqué du GNA, basé à Tripoli, “le président français a affirmé son refus total de l’offensive contre la capitale et la mise en péril de la vie des civils, et (a souligné) la nécessité de stopper cette attaque”.

– Chaos –

Malgré le spectre d’une guerre généralisée en Libye, pays pétrolier en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, les grandes puissances ont échoué à se mettre d’accord à l’ONU sur une déclaration appelant les forces du maréchal Haftar à cesser son offensive contre la capitale libyenne.

Présentée au Conseil de sécurité dimanche soir, cette déclaration, soutenue entre autres par les Etats-Unis, a été bloquée par la Russie qui tient à ce que “toutes les parties” soient appelées à la retenue pour éviter “un bain de sang”.

Le maréchal Haftar est appuyé politiquement par une autorité basée dans l’est du pays. Outre les régions orientales, ses forces ont étendu leur emprise sur le sud de la Libye et visent désormais l’ouest où est située Tripoli.

Mais elles font face au GNA, reconnu par la communauté internationale et soutenu notamment par de puissantes milices basées dans l’ouest.

Le GNA a promis dimanche une contre-offensive nommée “Volcan de la colère” pour “nettoyer toutes les villes libyennes des agresseurs” liés à Khalifa Haftar.

– Crimes de guerre –

Lundi, le GNA a dénoncé l’attaque contre l’aéroport de Mitiga, considérée comme “un crime de guerre et un crime contre l’humanité”, et promis de poursuivre ses auteurs devant la justice.

Selon un bilan du ministère de la santé du GNA, au moins 35 personnes ont été tuées et une quarantaine blessées depuis le lancement de l’offensive du maréchal Haftar jeudi.

Les forces pro-Haftar ont elles fait état samedi de 14 combattants tués.

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