Le groupe de pirates informatiques Hanzala a révélé l’identité du commandant de l’unité d’ingénierie Yahalom
Le groupe de pirates informatiques Hanzala a révélé l’identité du commandant de l’unité d’ingénierie Yahalom, rattachée au corps des ingénieurs de l’armée israélienne. Il a aussi publié des fichiers présentés comme sensibles, selon une enquête du quotidien israélien Haaretz. D’après le journal, ce groupe, que l’on soupçonne d’avoir des liens avec l’Iran, a diffusé mardi dernier des dizaines de fichiers pesant plus de 300 mégaoctets au total. Il affirme détenir des centaines d’autres documents qu’il n’a pas encore dévoilés.
Une fuite dont l’origine reste floue
Haaretz précise que la source de la fuite n’est toujours pas identifiée. Toutefois, son enquête conclut que les informations publiées contiennent des données réelles et récentes. Cette conclusion nourrit la crainte que ces éléments servent à mettre en danger des officiers israéliens de haut rang.
Par ailleurs, la plupart des fichiers diffusés se rapportent au corps des ingénieurs. D’autres semblent liés au porte-parole de l’armée israélienne. Cette situation soulève des questions sur l’étendue de l’intrusion possible et sur les entités touchées par la fuite.
Les déplacements d’officiers exposés
Les fichiers divulgués détaillent des événements auxquels des officiers supérieurs devaient assister cette semaine. Ils comprennent notamment une invitation à une cérémonie à laquelle a participé le commandant des forces terrestres, le général de division Nadav Lotan.
Selon le journal, la fuite de données précises sur la position et l’emploi du temps des hauts gradés peut aider des parties hostiles. Celles-ci pourraient ainsi suivre leurs déplacements et planifier des tentatives de les prendre pour cible. Le risque est plus élevé encore lorsque les données contiennent des détails récents sur leurs rendez-vous et sur les événements prévus.
Le calendrier du chef de Yahalom et des photos de sa famille
Les fichiers révèlent également le programme prévu pour le mois prochain par le commandant de l’unité Yahalom. Ils contiennent aussi des photos de cet officier et de membres de sa famille. D’après le rapport, l’une de ces images contenait des indices qui ont permis d’identifier un autre officier, au grade de lieutenant-colonel dans le corps des ingénieurs israélien.
En outre, les documents publiés évoquent des systèmes robotisés du corps des ingénieurs, dont certains n’ont pas été annoncés officiellement. Ils fournissent aussi des informations sur le développement des technologies au sein de l’unité et sur les procédures d’homologation.
Des messages vocaux parmi les fichiers
Haaretz signale que certains fichiers divulgués contiennent des messages vocaux. Cela pourrait indiquer que les pirates ont eu accès à des téléphones, ou à des sauvegardes stockées dans le cloud, appartenant à des officiers ou à des soldats de l’armée israélienne.
Face à cette publication, l’armée israélienne a déclaré que l’affaire faisait l’objet d’un examen minutieux et d’un traitement par toutes les instances compétentes. Elle n’a toutefois fourni aucun détail sur la nature des informations ayant fuité ni sur leur origine.
Une fuite qui s’inscrit dans un contexte d’espionnage iranien
Cette fuite survient alors que, selon des rapports israéliens, l’Iran a intensifié ces dernières années ses efforts pour recruter des agents en Israël. Téhéran chercherait ainsi à collecter des renseignements sur des responsables et des personnalités de haut niveau.
Le rapport de Haaretz rappelle que le Mossad a annoncé en juillet dernier avoir déjoué un projet d’infiltration de ce qu’il qualifie de « cellules terroristes » en Israël. Il a agi en coopération avec le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, et avec des services de renseignement étrangers. En avril, le Mossad a également annoncé avoir fait échouer une tentative iranienne de viser des responsables israéliens de haut rang et un oléoduc en Azerbaïdjan.
Le rapport indique enfin que le président américain Donald Trump aurait fait l’objet de craintes sécuritaires. Elles portaient sur un éventuel plan iranien visant l’avion présidentiel américain et ont conduit à des mesures de sécurité supplémentaires en juillet.
Des accusations américaines contre Hanzala
Hanzala se présente comme un collectif militant propalestinien. Pourtant, Israël et les États-Unis l’accusent d’entretenir des liens directs avec le régime iranien.
Selon Haaretz, le département américain de la Justice a conclu en mars dernier que le groupe constituait une unité liée aux services de renseignement iraniens. Cette unité mènerait des opérations d’influence psychologique et d’intimidation, revendiquerait des cyberattaques et diffuserait des informations volées. Elle ciblerait en outre des journalistes, des opposants et des Israéliens par des campagnes d’incitation.
Le journal souligne par ailleurs que le groupe avait l’habitude, lors de ses opérations précédentes, de gonfler l’ampleur de ses intrusions annoncées. Il mélangeait des données obtenues par de véritables piratages, des informations accessibles publiquement sur internet et des contenus falsifiés ou trompeurs. La publication de ces fichiers ne signifie donc pas nécessairement que toutes les affirmations du groupe sur l’origine des informations ou sur l’étendue de ses intrusions sont exactes.
Des vidéos prétendument filmées dans des bases militaires
Dans le même contexte, le site israélien Walla a rapporté cette semaine que Hanzala avait publié des photos et des vidéos. Selon le groupe, elles ont été prises à l’intérieur de bases et de sites de l’armée israélienne.
Le groupe affirme que des personnes infiltrées dans des unités militaires israéliennes y travaillent toujours et qu’elles ont filmé les séquences diffusées, qui apparaissent sans son. Dans un communiqué, il a déclaré que ses membres ne s’étaient pas contentés d’accomplir leur mission. Ils seraient encore présents au sein de l’institution militaire, y compris dans les quartiers généraux et les salles de discussion, à proximité des hauts commandants.
Haaretz précise toutefois que l’armée israélienne n’avait pas répondu à ses questions sur ces enregistrements au moment de la publication de son rapport. Le journal n’a donc pas pu écarter de manière définitive les affirmations du groupe.
En revanche, l’examen des vidéos montre, selon le quotidien, qu’il s’agit au mieux de courts enregistrements réalisés par des soldats. Ceux-ci appartiendraient probablement au bataillon Netzah Yehuda et auraient filmé pendant des opérations militaires dans le nord d’Israël, peut-être au cours des six derniers mois. L’origine de ces séquences demeure néanmoins incertaine.









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