Sinaï: L’armée égyptienne accusée par HRW de démolitions massives

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LE CAIRE (Reuters) – L’ONG Human Rights Watch a accusé mardi l’Egypte d’avoir intensifié les démolitions généralisées d’immeubles dans la province du Sinaï, dans le cadre de la campagne militaire lancée contre un groupe armé affilié à l’organisation État islamique (EI).

Ces opérations de démolition sont les plus importantes depuis que l’armée égyptienne a officiellement débuté sa politique d’expulsion en 2014 pour créer des zones tampons aux frontières du pays, notamment avec la bande de Gaza.

“Les démolitions, dont une grande partie sont probablement illégales, s’étendent bien au-delà de deux zones tampons sécuritaires mises en place par le gouvernement”, dit Human Rights Watch dans un communiqué.

Selon l’ONG, les démolitions concernent des centaines d’hectares de terres agricoles et au moins 3.000 immeubles résidentiels et commerciaux, ainsi que 600 bâtiments détruits en janvier.

“L’armée égyptienne prétend protéger les gens contre les militants, mais il est absurde de penser que la démolition de logements et le déplacement des populations établies ici depuis toujours garantiraient leur sécurité”, commente la directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, Sarah Leah Whitson, citée dans le communiqué.

L’armée égyptienne n’a pas réagi pour l’instant aux accusations de l’ONG, mais elle a démenti par le passé des rapports publiés par Human Rights Watch concernant le Sinaï, qui citent, selon elle, des sources “non documentées”.

Les forces de sécurité égyptiennes ont lancé en février une opération de grande envergure pour combattre les djihadistes qui mènent depuis plusieurs années une insurrection qui a coûté la vie à plusieurs centaines de militaires, policiers et civils.

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