19/10/2021

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Niger : Violentes manifestations dans la capitale suite aux élection présidentielle

NIAMEY (Reuters) – Des partisans de Mahamane Ousmane, battu à l’élection présidentielle de dimanche au Niger, ont violemment manifesté jeudi à Niamey pour le troisième jour consécutif.

Plusieurs bâtiments ont été incendiés dans la capitale nigérienne au lendemain de l’officialisation par la commission électorale de la victoire de Mohamed Bazoum, candidat du parti au pouvoir, avec plus de 55% des voix.

Son rival au second tour, Mahamane Ousmane, ancien président, dénonce des fraudes et affirme avoir remporté la présidentielle avec 50,3% des voix.

Le ministère public a annoncé mercredi plusieurs arrestations à la suite des manifestations et l’accès à internet a été sévèrement limité.

Des petits groupes de partisans d’Ousmane sont à nouveau descendus dans les rues jeudi pour en découdre avec les forces de l’ordre, jetant des pierres en direction des policiers qui ont répondu en tirant des cartouches de gaz lacrymogène.

Certains protestataires ont mis le feu à des maisons, dont celle du correspondant de Radio France Internationale (RFI) Moussa Kaka, a constaté un journaliste de Reuters.

Le journaliste de RFI et sa famille sont indemnes, a précisé RFI dans un communiqué en dénonçant une « très grave atteinte à la liberté de la presse ». « RFI apporte tout son soutien à son correspondant, condamne cet acte liberticide et continuera de défendre la liberté d’informer », a ajouté la radio.

Ousmane, qui a été président de 1993 à 1996 avant d’être renversé par un coup d’Etat militaire, a déclaré mercredi qu’il se réservait le droit de faire appel du résultat de l’élection devant les tribunaux.

Une mission d’observateurs de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest a jugé que le vote s’était déroulé dans des conditions transparentes et équitables.

Le scrutin a cependant été entaché par des violences, huit scrutateurs ayant été tués dans des régions du pays où opèrent régulièrement des groupes djihadistes.

L’élection marquait la première transition démocratique au Niger depuis l’indépendance de l’ancienne colonie française en 1960. Mohamed Bazoum doit succéder à Mahamadou Issoufou, qui a effectué deux mandats consécutifs de cinq ans.