Maroc: Peine de prison de 20 ans confirmée pour le chef de la contestation du Rif

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RABAT (Reuters) – Une cour d’appel marocaine a confirmé vendredi soir la peine de 20 ans d’emprisonnement prononcée en juin dernier contre le chef de file du mouvement de contestation qui a enflammé l’an dernier la région du Rif et contre trois autres manifestants, a-t-on appris auprès d’avocats.

Nasser Zefzafi, âgé d’une quarantaine d’années, a été arrêté en mai 2017 et transféré dans une prison de Casablanca après avoir organisé des manifestations dans sa ville d’Al Hoceima. Il était poursuivi notamment pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

Trois prévenus, Nabil Ahmijeq, Wassim El Boustani et Samir Aghid, avaient aussi été condamnés à 20 ans de réclusion, des sentences elles aussi confirmées vendredi soir par un cour d’appel de Casablanca.

“C’est un verdict choquant”, a réagi l’avocat des manifestants, Mohamed Aghnaj, dans un entretien téléphonique à Reuters. Cela “montre que la cour d’appel n’a pas suffisamment étudié le dossier”, a-t-il ajouté.

D’après le procureur, le tribunal a confirmé le verdict “parce qu’il n’y avait aucun élément nouveau après que l’avocat de la défense et ses clients se sont abstenus de se rendre aux audiences”.

La cour d’appel a été “clémente” dans son jugement à l’encontre de Zefzafi, a ajouté Mohamed Al Houssaini Karout, soulignant que les charges retenues contre lui étaient passibles d’une peine de 30 ans de prison.

Le Hirak al Chaabi (mouvement de contestation populaire) du Rif, dans le nord du pays, a commencé en octobre 2016 après la mort de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson qui a péri broyé dans une benne à ordures où il tentait de récupérer sa marchandise confisquée et jetée par la police.

Une trentaine d’autres activistes avaient écopé en juin dernier de peines allant de deux à quinze ans de réclusion.

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