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L’Union européenne retarde la publication des images satellites Copernicus dans le Golfe à la demande des États-Unis

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Dans une décision exceptionnelle marquant une rupture temporaire avec sa politique traditionnelle de données ouvertes, l’Union européenne (UE) a accepté une demande américaine visant à retarder de 24 heures la publication des images de ses satellites du programme « Copernicus ». Cette restriction concerne des zones géographiques sensibles, incluant le golfe d’Oman et les voies maritimes menant au détroit d’Ormuz.

Une dérogation exceptionnelle à la politique de données ouvertes

Un arrêté du Conseil de l’Union européenne précise que cette mesure s’applique aux données et photographies capturées par les satellites Sentinel-1 et Sentinel-2. Cette action fait suite à une note diplomatique américaine soumise le 26 mai dernier, déclenchée dans le cadre du mécanisme européen de « réponse aux menaces spatiales ».

Le Conseil a défini une zone géographique stricte située dans le golfe d’Oman. Grâce à un ensemble de coordonnées précises, la restriction couvre les principales routes de navigation desservant le détroit d’Ormuz, l’un des carrefours maritimes les plus stratégiques au monde. Cette décision intervient dans un contexte de forte escalade des tensions sécuritaires et militaires liées à la confrontation entre les États-Unis et l’Iran.

Des enjeux sécuritaires au cœur de la décision

Le Conseil de l’UE a fermement justifié ce délai, affirmant qu’il était indispensable pour empêcher que les données du programme Copernicus ne soient exploitées par des États ou des acteurs non gouvernementaux à des fins hostiles, susceptibles de menacer les intérêts de l’Union, de ses États membres ou de leurs alliés dans la région. Il a également été souligné que le Comité politique et de sécurité européen avait apporté son soutien à ces restrictions dès le mois de juin.

Si la politique du programme Copernicus repose historiquement sur un accès gratuit et immédiat pour les utilisateurs du monde entier — ce qui en faisait un atout majeur de la compétitivité européenne sur le marché de l’observation de la Terre —, la Commission européenne a rappelé que la réglementation prévoit des exceptions liées à la sécurité. L’institution décrit ce retard comme une mesure de précaution technique visant à limiter les risques. À ce stade, le texte européen ne précise ni la date d’entrée en vigueur de cette suspension de 24 heures, ni la durée pendant laquelle elle restera applicable.

Une crise pour le journalisme d’investigation en source ouverte

Ce verrouillage des données européennes survient alors que les restrictions américaines sur l’imagerie spatiale au Moyen-Orient poussaient déjà les médias, les sociétés maritimes, les assureurs et les négociants en énergie à se tourner vers les satellites du Vieux Continent pour obtenir des informations indépendantes.

Les entreprises américaines spécialisées appliquent en effet des restrictions de plus en plus sévères. En mars dernier, la société américaine Planet Labs avait annoncé un durcissement de l’accès à ses images dans la région pour éviter qu’elles ne servent à cibler les États-Unis ou leurs alliés. L’entreprise avait alors fait passer le délai de publication de ses images à 14 jours (après un premier délai de 4 jours). Dès le mois d’avril, ces mesures se sont transformées en une suspension volontaire d’une durée indéterminée, suite à une nouvelle demande du gouvernement américain concernant les zones de conflit dans la région.

Cette situation soulève de profondes inquiétudes quant au flux de l’information ouverte. En mai, la revue de journalisme de l’Université de Columbia a publié un rapport alertant sur une crise sans précédent frappant le journalisme de sources ouvertes (OSINT). La restriction de l’accès à l’imagerie satellitaire commerciale prive les journalistes et les chercheurs indépendants de l’un de leurs principaux outils de vérification et de suivi objectif des évolutions militaires et des conflits sur le terrain. algerie24.net

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