L’Iran prêt à augmenter sa capacité d’enrichissement de l’uranium

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BEYROUTH (Reuters) – L’Iran a entamé des préparatifs en vue de la construction sur son site de Natanz de nouvelles centrifugeuses destinées à accroître sa capacité d’enrichissement de l’uranium, a annoncé mardi le directeur de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI), Ali Akbar Salehi.

Depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, les autres signataires (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) s’efforcent de sauver ce compromis signé à Vienne en 2015 qui prévoit un allègement des sanctions contre l’Iran en échange d’un encadrement strict de ses activités nucléaires.

L’Iran a fixé ses conditions pour rester dans l’accord nucléaire. Téhéran veut des mesures pour protéger ses activités commerciales internationales et garantir ses ventes de pétrole.

Mais la République islamique a également dit qu’elle pourrait reprendre son enrichissement d’uranium à 20%, ce qui est interdit en vertu de l’accord de Vienne de juillet 2015.

Le guide suprême de la Révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, a demandé lundi, dans un discours retransmis à la télévision, que soient entamés des préparatifs en vue d’augmenter la capacité d’enrichissement d’uranium de l’Iran dans l’hypothèse où l’accord de 2015 deviendrait caduc après le retrait des Etats-Unis.

L’OEAI a informé mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de son projet “provisoire” de produire la matière nécessaire pour ses centrifugeuses.

“L’Agence a reçu une lettre de l’Iran le 4 juin l’informant qu’il y avait un calendrier provisoire pour lancer la production d’UF6”, a déclaré un porte-parole de l’AIEA, faisant référence à l’hexafluorure d’uranium, la matière première qui alimente les centrifugeuses.

Selon Ali Akbar Salehi, cela ne contrevient pas à l’accord de Vienne, mais cela marque une augmentation du rythme du programme nucléaire.

“Si nous progressions normalement, cela aurait pris six ou sept ans, mais cela sera maintenant prêt dans les semaines et les mois à venir”, a-t-il déclaré.

Le directeur de l’OEAI a ajouté que l’Iran avait aussi développé ses capacités de production d’électricité sur le site de Natanz, à 300 kilomètres au sud de Téhéran.

L’accord de 2015 permet à l’Iran de poursuivre son enrichissement d’uranium à 3,67%, bien en dessous du seuil d’environ 90% de l’uranium de qualité militaire. Avant que l’accord ne soit conclu, Téhéran enrichissait l’uranium jusqu’à 20%.

Les commentaires d’Ali Akbar Salehi ressemblent à un avertissement aux signataires restant parties à l’accord de Vienne des conséquences possibles si ce traité devait devenir nul et non avenu.

Les puissances européennes soutiennent toujours l’accord mais ont des inquiétudes au sujet du programme de missiles balistiques de l’Iran et de son influence au Moyen-Orient. L’Iran dit que ces deux questions ne sont pas négociables.

Selon Ali Akbar Salehi, l’Iran ne pourra pas accepter un accord nucléaire “bancal”, et ne pourra pas non plus respecter les restrictions mises en place par l’accord en étant confronté à de nouvelles sanctions. Il a réitéré les déclarations antérieures des responsables selon lesquelles l’Iran est prêt à augmenter considérablement son activité nucléaire si l’accord est annulé.

“A ce moment-là, la situation évoluera d’une manière différente”, a déclaré Ali Akbar Salehi. “J’espère qu’il n’y aura jamais besoin de revenir à cette situation.”

Il a également répété la position de l’Iran selon laquelle son programme nucléaire était uniquement à des fins civiles.

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