Benjamin Netanyahu chez Macron pour créer un front contre l’Iran

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Paris (AFP) – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est arrivé mardi après-midi à l’Elysée pour rencontrer le président Emmanuel Macron, qu’il veut convaincre de créer un front commun contre l’Iran, alors que Téhéran s’apprête à augmenter sa capacité à enrichir de l’uranium.

Il a été accueilli cordialement par le président français, d’une poignée de main toutefois plus sobre que les gestes d’amitié des deux visites précédentes.

Juste avant cet entretien, le dirigeant israélien, qui estime que le programme nucléaire et balistique de l’Iran représente une menace pour l’existence même d’Israël, a fait monter la pression en martelant sa position dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. “L’ayatollah Khamenei, le Guide suprême iranien, a déclaré il y a deux jours son intention de détruire l’Etat d’Israël. Il a expliqué hier (lundi) comment il comptait s’y prendre : en enrichissant l’uranium sans restriction pour constituer un arsenal nucléaire”, a-t-il lancé.

Après Berlin et Paris, Benjamin Netanyahu se rend mercredi à Londres, dernière étape de sa tournée européenne.

Les Européens, qui tentent de sauver l’accord sur le nucléaire iranien dont Donald Trump est sorti avec fracas le 8 mai, se retrouvent de nouveau pris entre deux feux, entre pressions israélo-américaines d’un côté et iraniennes de l’autre.

L’Iran, qui menace à son tour de claquer la porte de l’accord si les Européens ne lui garantissent pas les retombées économiques espérées, a annoncé mardi avoir notifié à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) un plan pour augmenter le nombre de ses centrifugeuses.

L’uranium enrichi généré par ces centrifugeuses permet de produire du combustible pour les centrales nucléaires. Mais il peut aussi servir à la fabrication d’une bombe atomique.

– Sauver l’accord ou pas –

Cette annonce “ne viole pas l’accord” et “ne veut pas dire que nous allons commencer l’assemblage des centrifugeuses” en vue de leur utilisation, a affirmé le vice-président iranien Ali Akbar Salehi, soufflant le chaud et le froid.

Bruxelles a également choisi de calmer le jeu. “Après une première évaluation, les mesures annoncées ne constituent pas en soi une violation de l’accord (JCPOA). Toutefois, à ce stade particulièrement critique, ils ne contribueront pas à renforcer la confiance dans la nature du programme nucléaire iranien”, a déclaré à l’AFP la porte-parole de la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Tout comme la chancelière Angela Merkel lundi, le président français devait réitérer à M. Netanyahu l’attachement des Européens à la préservation de l’accord qui, à défaut d’être parfait, offre à leurs yeux le seul garde-fou contre la prolifération nucléaire dans la région.

Benjamin Netanyahu martèle pour sa part, tout comme Donald Trump, que l’accord n’empêchera pas l’Iran de se doter à terme de la bombe atomique et contribue à financer son expansion régionale (Syrie, Liban, Irak) en renflouant son économie.

Le texte vise à empêcher l’Iran d’accéder à la bombe atomique – en limitant notamment ses capacités d’enrichissement – en échange d’une levée des sanctions internationales qui paralysaient son économie.

Mais la sortie des Etats-Unis va conduire à réinstaurer de lourdes sanctions américaines, qui frapperont aussi les entreprises européennes commerçant avec l’Iran. Plusieurs d’entre elles, dont les françaises Total et PSA, ont déjà cédé en annonçant qu’elles quittaient le pays.

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