25/05/2022

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Les Soudanais descendent dans la rue lors des dernières manifestations anti-coup d’État des généraux

Soudan manifestation

LE CAIRE (AP) – Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale soudanaise et d’autres villes du pays dimanche pour la dernière d’une série de manifestations d’un mois dénonçant un coup d’État militaire d’octobre qui a plongé le pays dans la tourmente.

Les manifestants, pour la plupart des jeunes hommes et femmes, ont défilé dans les rues de Khartoum et d’autres villes, exigeant la fin de la prise de contrôle par l’armée. Ils ont appelé à un gouvernement entièrement civil pour diriger la transition du pays vers la démocratie, désormais bloquée.

Le coup d’État a bouleversé la transition du Soudan vers un régime démocratique après trois décennies de répression et d’isolement international sous le président autocratique Omar al-Bashir. La nation africaine est sur une voie fragile vers la démocratie depuis qu’un soulèvement populaire a forcé l’armée à destituer el-Béchir et son gouvernement islamiste en avril 2019.

Les manifestations sont appelées par l’Association des professionnels soudanais et les comités de résistance, qui ont été l’épine dorsale du soulèvement contre el-Béchir et des manifestations anti-coup d’État incessantes au cours des trois derniers mois.

Des images diffusées en ligne montraient des gens battant des tambours et scandant des slogans anti-coup d’État dans les rues de Khartoum et de sa ville jumelle Omdurman. Des manifestants ont également été vus portant des drapeaux soudanais et d’autres drapeaux sur lesquels étaient imprimées des photos de manifestants qui auraient été tués par les forces de sécurité.

Des manifestations ont eu lieu ailleurs dans le pays, notamment dans la ville orientale de Port-Soudan, dans la région occidentale du Darfour et à Madani, la capitale de la province de Jazira, à environ 135 kilomètres (85 miles) au sud-est de Khartoum. Medani a vu une manifestation massive contre le coup d’État la semaine dernière.

Avant les manifestations, les autorités ont renforcé la sécurité à Khartoum et Omdurman. Ils ont déployé des milliers de soldats et de policiers et bouclé le centre de Khartoum, exhortant les manifestants à se rassembler uniquement sur les places publiques des quartiers de la capitale.

La mission des Nations Unies au Soudan a averti samedi que de telles restrictions pourraient accroître les tensions, exhortant les autorités à laisser les manifestations « se dérouler sans violence ».

Les groupes de protestation ont déclaré qu’ils prévoyaient de se rendre au palais présidentiel, une zone de la capitale qui a connu des affrontements meurtriers entre les manifestants et les forces de sécurité lors des précédentes séries de manifestations.

Depuis le coup d’État, au moins 78 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées dans une répression largement condamnée des manifestations, a déclaré le Comité des médecins soudanais, qui suit les victimes parmi les manifestants.

Il y a également eu des arrestations massives d’activistes à la tête des manifestations anti-coup d’État et des allégations de violences sexuelles, notamment de viols et de viols collectifs, lors d’une manifestation le 19 décembre à Khartoum, selon l’ONU.