Les Etats-Unis sont entrés samedi matin en période de paralysie partielle des administrations fédérales

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Washington (AFP) – Les Etats-Unis sont entrés samedi matin en période de “shutdown”, la paralysie partielle des administrations fédérales, après l’échec des tentatives de compromis entre le Congrès et la Maison Blanche sur le budget et le financement d’un mur à la frontière mexicaine voulu par Donald Trump.

Depuis samedi à 00H01 (05H01 GMT), des administrations ne peuvent plus être financées et devraient dans les prochains jours réduire leurs activités. Du fait de cette fermeture partielle du gouvernement, des centaines de milliers de fonctionnaires pourraient être placés en congé sans solde ou être forcés de travailler sans être payés, à quelques jours de Noël.

Malgré d’ultimes tractations, les parlementaires ne sont pas parvenus à sortir de l’impasse autour du financement de la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, l’une des principaux engagements du président Donald Trump.

Les parlementaires du Sénat et de la Chambre des représentants ont remballé leurs affaires pour la soirée vendredi. Les travaux devraient reprendre samedi à midi (17H00 GMT).

“Espérons que ce shutdown ne durera pas longtemps”, a déclaré Donald Trump dans une vidéo postée sur Twitter. Pourtant, les positions des derniers jours ont semblé très éloignées.

– Obstacles au Sénat –

D’un côté, le président républicain, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine son cheval de bataille, a fait savoir qu’il n’apposerait pas sa signature sur une loi budgétaire ne comprenant pas une enveloppe de 5 milliards de dollars pour payer le mur.

Il avait ainsi rejeté jeudi un compromis de court terme du Sénat permettant de financer le gouvernement jusqu’au 8 février car il ne comprenait pas suffisamment de moyens pour le contrôle des frontières.

De l’autre, les élus démocrates qui ne veulent absolument pas de ce mur. Début janvier, ils seront de nouveau majoritaire à la Chambre des représentants après leur victoire électorale de novembre, ce qui rendra encore plus délicat le passage d’une telle loi.

L’actuelle majorité républicaine avait approuvé jeudi soir un nouveau texte qui va dans le sens des exigences du président, incluant un financement de son mur à hauteur de 5,7 milliards.

Jusqu’ici, c’est au Sénat que le bât blesse pour Donald Trump. Ne disposant que d’une majorité républicaine de 51 sièges sur 100, il se heurte à la majorité des 60 voix nécessaires pour l’adoption d’une loi budgétaire.

Une fenêtre de négociations semblait toutefois possible. Le président réclame qu’à défaut de ces 5 milliards pour son mur soit consacré un montant substantiel à la sécurité aux frontières.

– Contexte politique tendu –

Vendredi soir, des sénateurs ont expliqué à la presse que les responsables des deux partis au sein du Congrès avaient négocié en coulisses avec la Maison Blanche, en particulier avec le vice-président Mike Pence ainsi qu’avec Jared Kushner, gendre et conseiller de M. Trump, ou encore avec le prochain secrétaire général par intérim de la Maison Blanche Mick Mulvaney.

Ils ont négocié sur un compromis qui prévoirait une enveloppe de 1,6 milliard de dollars pour la lutte contre l’immigration illégale, a expliqué à l’AFP le sénateur républicain John Cornyn.

Le président américain s’était préparé à l’éventualité de ce “shutdown”.

“J’ai annulé mon voyage à bord d’Air Force One en Floride pendant que nous attendons de voir si les démocrates nous aideront à protéger la Frontière Sud de l’Amérique”, a-t-il tweeté vendredi en début de soirée.

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