20/09/2021

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Le Premier ministre tunisien aurait été agressé physiquement au palais de Carthage avant d’être limogé

Kais saied Mechichi

Selon le site web « le Middle East Eye britannique a révélé » (Middle East Eye) que le Premier ministre tunisien Hicham Mechichi, dont le président Kais Saied a annoncé sa destitution, a été physiquement agressé au palais présidentiel dimanche dernier.

Et le site cite, dans un rapport « exclusif », signé par le rédacteur en chef, de sources proches de Mechishi, que ce dernier a été agressé physiquement, mais la nature des blessures qu’il a subies n’a pas été vérifiée, car il n’est pas sorti publiquement depuis son limogeage.

Il a expliqué que des sources bien informées ont rapporté que les blessures de Mechichi étaient importantes, et l’une des sources a déclaré que la blessure était au visage, et c’est la raison pour laquelle il n’est pas apparu en public jusqu’à présent.

Et le site Web britannique a cité les sources disant que Mechichi a refusé les demandes de démission de son poste de Premier ministre, dont la dernière date de dimanche, après quoi il a été battu, et a indiqué que des personnes « non-tunisiennes » étaient dans le palais à cet instant.

Le site Web a également déclaré qu’il comprenait que “des individus non tunisiens, qui ont été trouvés dans le palais la nuit du coup, conseillaient Saïd avant le coup, y dirigeant des opérations, et on ne sait pas quel rôle ils ont joué dans l’interrogatoire de Mechichi.”

Dimanche soir, le président Saied a annoncé le gel de toute action du parlement, la levée de l’immunité de ses députés et la destitution du Premier ministre. Il a également décidé de prendre le pouvoir exécutif avec l’aide d’un Premier ministre qui le nommerait lui-même. , et d’assumer la présidence du ministère public pour engager des poursuites judiciaires contre les personnes soupçonnées de corruption dans leur entourage.

Au lendemain de sa destitution, le Premier ministre limogé s’est engagé à remettre la responsabilité à toute personne choisie par le président, dans un communiqué qu’il a publié sur sa page Facebook, sans apparaître en public.

Et le site Middle East Eye – il y a environ deux mois – a révélé un document qui aurait été divulgué par le bureau du chef de cabinet du président Saied, et il parle d’un plan pour une « dictature constitutionnelle » à préparer en le pays.

Le document parle d’un plan, qualifié d'”outil” de concentration de tous les pouvoirs entre les mains du Président de la République, aboutissant au retrait de la confiance du gouvernement élu, et à l’assignation à résidence de hauts fonctionnaires et dirigeants politiques, dont Mechichi.

Le document faisait référence aux mécanismes d’activation par le président de l’article 80 de la constitution, qui lui accorde, en cas d’état d’urgence nationale, un contrôle complet sur les articulations de l’État.

Des militaires et des agents de sécurité égyptiens
Toujours selon nos sources, lorsque Hichem Mechichi a refusé, il a été battu. MEE comprend qu’à ce moment-là, il y avait dans le palais des personnes qui n’étaient pas tunisiennes.

MEE comprend par ailleurs que les personnes présentes étaient des responsables égyptiens de la sécurité qui avaient conseillé Saied avant le coup d’État et dirigé les opérations pendant son déroulement. On ne sait pas quel rôle ils ont joué dans l’interrogatoire de Mechichi.

« Le président égyptien Abdel Fattah al- Sissi a proposé d’apporter à Saied tout le soutien dont il avait besoin pour le coup d’État et Saied l’a accepté », a déclaré l’une des sources.

« Des militaires et des agents de sécurité égyptiens ont été envoyés en Tunisie avec le plein soutien de MBZ [Mohammed ben Zayed, le prince héritier d’Abou Dabi] », a ajouté la source.

Mechichi aurait alors levé les mains et accepté de démissionner. À ce stade, ses chefs de la sécurité ont également accepté la déclaration du président.

Mechichi est ensuite rentré chez lui, où il a démenti devant les médias locaux les informations selon lesquelles il était assigné à résidence.

Le chef du gouvernement sortant a publié lundi une déclaration dans laquelle il a affirmé qu’il ne pouvait se « permettre d’être un élément perturbateur ou compliquer davantage la situation ».

« Je passerai la responsabilité à la personnalité que désignera le président de la République pour diriger le gouvernement dans le respect des lois. Mes félicitations à la nouvelle équipe gouvernementale », peut-on lire dans le communiqué.

MEE a contacté à la fois la présidence tunisienne et Hichem Mechichi pour des commentaires, mais n’avait pas reçu de réponse au moment de la publication l’article.

Ce qui s’est passé dimanche suivait à la lettre un plan d’action élaboré par les proches conseillers de Saied au mois de mai et révélé par MEE à l’époque.

Ce plan définissait une purge ou une vague d’arrestations massives qui aurait lieu après l’annonce de ce qui y est qualifié de « coup d’État constitutionnel ».

Source : Middle East Eye