Guerre au Yémen : le gouvernement légal et la coalition saoudienne face aux rebelles houthis
La recrudescence des combats entre les forces gouvernementales et les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, plonge un peu plus le Yémen dans la tourmente. Selon un bilan de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) publié ce dimanche 13 septembre, près de 86 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers depuis la reprise des hostilités en juillet. La région de Taëz supporte le poids le plus lourd de cette crise avec plus de 56 000 déplacés, tandis que des milliers de civils, notamment des femmes et des enfants, ont trouvé refuge de l’autre côté de la mer Rouge en fuyant par bateau vers Djibouti. Derrière ces statistiques alarmantes se cachent des familles entières ayant tout perdu, nécessitant une aide humanitaire d’urgence sur place.
Le contrôle géostratégique de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb
Les rebelles houthis, qui contrôlaient déjà une grande partie du nord du pays et la capitale Sanaa, ont considérablement étendu leur emprise en s’emparant de la ville portuaire de Mokha et de l’ensemble de la côte yéménite sur la mer Rouge. Cette progression fulgurante leur confère la maîtrise totale du détroit de Bab el-Mandeb, un point de passage maritime vital à la pointe sud-ouest du Yémen par lequel transite le trafic vers le canal de Suez. Alors que leur allié iranien verrouille de l’autre côté le détroit d’Ormuz, ce nouveau coup de force offre à l’axe pro-iranien un contrôle inédit sur les deux principaux corridors énergétiques et commerciaux de la région, accentuant les pressions géopolitiques internationales.
Tensions politiques et escalade militaire sur plusieurs fronts
Face à cette dynamique alarmante, la réaction politique et militaire ne s’est pas fait attendre. La ministre des Affaires étrangères du Yémen, Afrah Al-Zouba, a saisi par écrit le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme pour réclamer une intervention internationale urgente face aux offensives des Houthis dans le Sahel occidental. Militairement, les affrontements se poursuivent sur de multiples axes : les forces gouvernementales rapportent avoir mené plus de vingt frappes aériennes contre des positions rebelles dans la province d’Al-Bayda, tandis que le porte-parole militaire houthi dénombre de son côté près de 130 raids aériens saoudiens à travers plusieurs gouvernorats. Le parti islamique Al-Islah a réaffirmé son soutien indéfectible à l’exécutif, alors que les répercussions du conflit se font ressentir au-delà des frontières, comme en témoignent des tirs de projectiles ayant fait des blessés et des dégâts matériels dans la localité saoudienne de Jazan.









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