19/05/2022

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Grande Bretagagne : le ministre des AE critiqué pour avoir comparé l’UE à l’Union soviétique

Birmingham (Royaume-Uni) (AFP) – Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, s’est attiré lundi des critiques du monde diplomatique après avoir comparé l’Union européenne à l’Union soviétique lors d’un discours au congrès du Parti conservateur.

Jeremy Hunt a accusé dimanche l’Union européenne de chercher à « punir » le Royaume-Uni pour avoir décidé de la quitter, établissant un parallèle avec l’Union soviétique qui tentait d’empêcher ses citoyens de partir.

Peter Ricketts, secrétaire permanent du Foreign Office de 2006 à 2010, soit la fonction la plus élevée du ministère, a réagi en qualifiant ces propos de « bêtises indignes d’un ministre britannique des affaires étrangères », sur Twitter.

« Quel que soit votre avis sur le Brexit, c’est une erreur de jugement choquante pour le ministre britannique des Affaires étrangères de comparer l’Union européenne à l’Union soviétique », a renchéri sur le même réseau social son successeur de 2010 à 2015, Simon Fraser.

Le Royaume-Uni doit quitter l’UE fin mars 2019 mais à six mois du départ les négociations sur un accord de divorce patinent.

« Nous gagnerions tous -et en particulier les ministres des Affaires étrangères- à ouvrir un livre d’histoire de temps en temps », a réagi le porte-parole en chef de la Commission européenne, Margaritis Schinas, interrogé par la presse à Bruxelles lundi.

Lors de son discours, Jeremy Hunt a évoqué une visite en Lettonie, devenue une « démocratie moderne, membre de l’Otan et de l’UE », après avoir pris son indépendance.

« Qu’est-il arrivé à la confiance et aux idéaux du rêve européen? L’UE était destinée à protéger la liberté. C’était l’Union soviétique qui empêchait les gens de partir », a-t-il poursuivi.

Et de prévenir: « Si vous transformez le club européen en prison, le désir de s’enfuir ne diminuera pas mais grandira et nous ne serons pas le seul prisonnier à chercher à s’échapper ».

Ce à quoi l’ambassadrice de Lettonie à Londres a répliqué que « l’Union européenne avait apporté la prospérité, l’égalité, la croissance et le respect » à son pays tandis que les Soviétiques avaient « détruit les vies de trois générations », sur Twitter.

De son côté, le vice-ministre tchèque des Affaires étrangères Tomas Petricek a réagi en soulignant sur Twitter que « l’UE n’est vraiment pas l’Union soviétique ». « Nous prenons des décisions conjointes en Europe à Bruxelles alors que Moscou décidait pour nous, sans nous ».

Jeremy Hunt, vu comme un possible successeur à la Première ministre Theresa May, a aussi fait référence dans son allocution à l’ex-Première ministre Margaret Thatcher, qui avait balayé d’un célèbre « non, non et non » des propositions du président de la Commission européenne Jacques Delors en 1990.

Dans une interview au Telegraph publiée lundi, il s’en prend au président français qui avait fustigé « ceux qui avaient promis monts et merveilles » lors de la campagne du référendum de 2016 sur le Brexit et les avait traité de « menteurs ».

« Si le président Macron pense que nous reviendrons en rampant, cherchant désespérément à retourner dans le club dans quelques années? c’est mal nous connaître », a déclaré Jeremy Hunt.