Ethiopie: Elimination du général criminel tenu responsable des assassinats de samedi

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Addis Abeba (AFP) – Le chef de la sécurité éthiopienne de la région Amhara, le général Asaminew Tsige, considéré comme responsable des assassinats samedi du chef d’état-major de l’armée nationale et de hauts responsables de cette région du nord-ouest, a été tué par balle lundi.

Le général Asaminew, selon la télévision EBC, proche du pouvoir, “qui était en fuite depuis le coup d’Etat manqué de ce week-end, a été tué par balle dans le quartier Zenzelma de Bahir Dar”, ville du nord-ouest de l’Ethiopie. Arrêté pour un présumé complot remontant à 2009, le général Asaminew avait été amnistié et libéré en 2018.

Les drapeaux étaient en berne lundi en Ethiopie après les assassinats de samedi au cours de deux attaques séparées que les autorités considèrent comme une tentative de renverser le gouvernement de la région Amhara.

Dans une déclaration lue dimanche soir par un présentateur à la télévision nationale, le président de la chambre basse du Parlement éthiopien, a regretté les assassinats politiques de samedi. “C’est un jour triste pour toute la nation, nous avons perdu des patriotes”.

Le ministre de la Défense, Lemma Megresa, a assuré dimanche soir à la télévision que ces événements ont mis le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique “dans une position difficile”.

Car ces deux attaques sont un nouveau coup de taille porté au programme réformiste et progressiste du Premier ministre Abiy Ahmed, qui a malgré lui donné un nouvel élan à des tensions ethniques ayant fait plus d’un million de déplacés.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le bureau du Premier ministre avait assuré qu’une “tentative orchestrée de coup d’Etat s’est produite contre l’exécutif du gouvernement régional de l’Amhara”, une des neuf régions autonomes d’Ethiopie, et la deuxième la plus peuplée du pays.

Samedi après-midi, le président de la région Amhara, Ambachew Mekonnen et un de ses conseillers, qui participaient à une réunion, ont été tués par un commando armé à Bahir Dar, la capitale régionale. Le procureur général de la région Migbaru Kebede, également présent à cette réunion, a succombé lundi matin à ses blessures.

Dans une attaque séparée, mais qui, selon les autorités, semble “coordonnée”, le chef d’état-major des forces armées éthiopiennes, le général Seare Mekonnen, a été tué quelques heures plus tard par son garde du corps à son domicile d’Addis Abeba alors qu’il “menait l’opération” de réponse aux attaques de Bahir Dar.

Le garde du corps a été arrêté, de même que de nombreux participants à l’attaque contre le gouvernement de l’Amhara, selon les autorités.

– Coup d’Etat? –

L’éventuel lien entre les deux attaques ainsi que leurs motifs restent à éclaircir, alors que les observateurs mettent en doute l’affirmation des autorités qu’il s’agissait d’une tentative de coup d’Etat.

Selon eux, une tentative de coup d’Etat implique généralement d’importantes manoeuvres militaires ainsi que la prise de contrôle de points stratégiques comme les aéroports ou les médias.

Selon William Davison, expert du International Crisis Group, M. Asaminew est un nationaliste Amhara favorable à la “reconquête” de la région Tigrée, au nord, et entraînait des milices. “Il est possible que son éviction imminente, soutenue par le gouvernement fédéral (…) ait provoqué cette attaque mortelle”, a estimé M. Davison.

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