Erdogan envisage de lever l’état d’urgence en Turquie

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ISTANBUL (Reuters) – Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son allié, le parti nationaliste MHP, sont convenus de ne pas prolonger l’état d’urgence en Turquie à l’issue de l’actuelle période de trois mois pour lequel il a été reconduit jusqu’à la fin juillet. Cette information est rapportée jeudi par le journal gouvernemental turc Sabah.

L’état d’urgence a été instauré en Turquie après la tentative de putsch manqué en juillet 2016 qui a conduit à une large vague de répression dans le pays. Plusieurs dizaines de milliers de militaires, policiers, magistrats, enseignants et fonctionnaires ont été soit limogés soit emprisonnés au cours des deux dernières années.

Le président turc affirme que ses opposants appartiennent au réseau du prédicateur en exil Fethullah Gülen, qu’il accuse d’être l’instigateur de la tentative de coup d’Etat.

Erdogan avait indiqué que s’il était réélu lors de l’élection présidentielle anticipée qui s’est déroulée dimanche, il envisageait de ne pas prolonger cette situation d’exception.

Erdogan a remporté le scrutin dès le premier tour avec 53% des suffrages, et il restera président au moins jusqu’en 2023, avec les pouvoirs étendus conférés par une modification constitutionnelle qui a été sanctionnée par un référendum populaire l’an dernier.

Recep Tayyip Erdogan et son partenaire de coalition, le chef de file du MHP Devlet Bahceli, ont eu un entretien mercredi après-midi et selon des sources au fait du dossier, le chef de l’Etat pourrait accorder au MHP plusieurs portefeuilles ministériels, le récompensant ainsi de son soutien à l’AKP, la formation islamo-conservatrice du président, au parlement.

“Lors des discussions, un accord a été trouvé pour ne pas proroger l’état d’urgence”, écrit le journal Sabah, sans donner de plus amples précisions.

L’état d’urgence permet au président Erdogan et au gouvernement de se passer du parlement pour adopter de nouvelles lois et il implique aussi la possibilité de suspendre les droits et les libertés. Selon ses détracteurs, Erdogan a profité de l’état d’urgence pour réprimer toute opposition.

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