Equateur: l’ex-président Correa condamné à huit ans pour corruption

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Quito (AFP) – L’ex-président socialiste équatorien Rafael Correa, qui vit en Belgique, a été condamné en son absence mardi à huit ans de prison en première instance par la justice de son pays, dans une affaire de corruption durant son mandat (2007-2017), a annoncé le Parquet.

Dix-sept autres personnes ont écopé de la même peine, dont l’ ancien vice-président Jorge Glas et d’ex-collaborateurs de Rafael Correa, a précisé le Parquet sur Twitter.

Jorge Glas purge déjà une peine de six ans de prison pour avoir perçu des pots-de-vin du géant du BTP brésilien Odebrecht.

Rafael Correa, qui a toujours affirmé être victime d’une persécution politique avec la complicité de magistrats, a remis en cause la décision judiciaire.

“Je connais le processus et ce que disent les juges, c’est du MENSONGE. Ils n’ont absolument RIEN prouvé. Témoignage complètement faux, sans preuves”, a-t-il tweeté.

La justice a condamné l’ex-président et certains de ses anciens collaborateurs pour leur responsabilité dans un système de pots-de-vin versés par des entreprises en échange de contrats.

La Cour a aussi ordonné “la perte des droits de participation (politique) pendant 25 ans pour tous les condamnés”.

“C’est ce qu’ils cherchaient: obtenir en manipulant la justice ce qu’ils n’ont jamais atteint par les urnes. Moi, je vais bien. Ce sont mes camarades qui me préoccupent. Nous gagnerons sûrement au niveau international car tout cela n’est qu’une mascarade”, a affirmé l’ex-président.

Parmi les condamnés figurent, outre Jorge Glas, d’anciens députés de la majorité corréiste et d’ex-ministres.

Vice-président de M. Correa de 2013 à 2017, Jorge Glas avait cette année-là été réélu en tandem avec l’actuel président Lenin Moreno, ancien allié de Rafael Correa, avant d’être arrêté et placé en détention préventive.

Selon la procureure générale Diana Salazar, dans l’affaire intitulée “Pots-de-vin 2012-2016”, jugée mardi, des entreprises ont versé quelque sept millions de dollars pour obtenir des contrats.

L’ancien président y est impliqué pour 6.000 dollars versés sur son compte bancaire, mais Rafael Correa affirme qu’il s’agissait d’un prêt.

L’un des condamnés, Alexis Mera, ex-secrétaire juridique de la présidence, a annoncé son intention de faire appel.

“Le jugement ne me surprend absolument pas, il n’est que mensonges à mon encontre. Je n’ai jamais reçu d’argent lors de campagnes (électorales) et je l’ai prouvé. Mais ces juges vénaux doivent obéir aux ordres. Nous allons en appel!”, a-t-il déclaré.

Si la décision est confirmée en appel, la carrière politique de Rafael Correa sera terminée car la constitution équatorienne interdit les candidatures de condamnés pour corruption, enrichissement illicite ou détournement de fonds.

Cible d’une trentaine de plaintes en Equateur, l’ancien président est aussi poursuivi pour l’enlèvement, rapidement déjoué, d’un opposant en Colombie en 2012. Mais ce procès est en suspens car en Equateur, l’accusé doit être présent pour être jugé d’un tel crime.

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