Brexit: Londres baissera les droits de douane en cas d’absence d’accord

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LONDRES (Reuters) – Le Royaume-Uni a fait part mercredi de son intention de supprimer les droits de douane sur un certain nombre de produits et de ne pas rétablir de contrôles physiques à la frontière avec l’Irlande en cas de Brexit sans accord, mais la Commission européenne s’est refusée à faire de même.

Le gouvernement britannique a dévoilé ces mesures, qu’il présente comme temporaires, avant que les parlementaires ne soient invités à dire dans la journée s’il sont favorables à un “no deal”, au lendemain de leur rejet, pour la seconde fois et à une écrasante majorité, de l’accord négocié entre Londres et l’Union européenne (UE).

Le Royaume-Uni doit sortir de l’UE le 29 mars à minuit, selon le calendrier actuel.

De son côté, la Commission européenne a annoncé qu’elle appliquerait les droits de douane prévus par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si le Royaume-Uni sortait de l’Union sans accord.

“Nous prenons note de l’intention du Royaume-Uni d’appliquer des droits temporaires en cas de ‘no deal'”, a dit Margaritas Schinas, porte-parole de l’exécutif communautaire, lors d’un point de presse.

“Dans le cas d’un ‘no deal’, l’Union a déjà clairement dit qu’elle appliquerait le régime commercial normal pour les pays tiers à tous les échanges avec le Royaume-Uni et donc qu’elle appliquerait (…) des droits de douane aux importations en provenance du Royaume-Uni” a-t-elle ajouté.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a déclaré mercredi qu’il n’y aurait pas de nouvelles négociations d’ici là et appelé les Britanniques à “dire ce qu’ils veulent”, laissant entendre que le Conseil européen des 21 et 22 mars pourrait accepter le principe d’une extension “raisonnée” du l’article 50.

Le ministre britannique du Brexit, Stephen Barclay, a jugé mercredi que le risque de “no Brexit” était désormais plus élevé que celui de “no deal”. Il a estimé qu’il incombait à l’UE de déterminer la durée d’un éventuel report du Brexit.

Dans l’hypothèse d’une sortie de l’UE sans accord, 87% des produits importés au Royaume-Uni seraient susceptibles de ne pas se voir imposer de droits de douane, contre 80% actuellement, a indiqué mercredi le gouvernement de Theresa May.

Le projet dévoilé par Londres, qui insiste sur son caractère temporaire et unilatéral, prévoit par ailleurs que les biens importés d’Irlande ne se verront imposer ni contrôle douanier, ni une quelconque inspection physique à la frontière avec la province britannique d’Irlande du Nord.

Ces biens ne seront pas concernés par le nouveau régime de tarifs douaniers, précise le gouvernement.

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