Bavures en Afghanistan : 13 civils, dont 10 enfants, tués dans un bombardement aérien

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Kaboul (AFP) – Au moins 13 civils, dont 10 enfants, ont été tués lors d’une frappe aérienne menée par “les forces militaires internationales” dans le nord de l’Afghanistan dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé lundi l’ONU.

“La mission exprime sa vive préoccupation quant au fait que, d’après une enquête initiale, dix des tués étaient des enfants appartenant à la même famille élargie déplacée par des combats ailleurs dans le pays”, a observé la Mission de l’ONU en Afghanistan (Manua) dans un communiqué.

Outre les forces afghanes, seuls les Etats-Unis mènent des opérations aériennes dans le pays.

Un porte-parole de la Mission de l’Otan en Afghanistan a indiqué à l’AFP qu’une enquête était en cours.

Selon la Manua, “l’incident s’est produit dans le quartier de Telawka, près de la ville de Kunduz, au cours d’opérations menées par les forces pro-gouvernementales contre les talibans dans la région”.

Trois personnes ont également été blessées, d’après l’ONU.

“Les personnes tuées étaient membres de familles déplacées qui avaient fui la guerre dans le district de Dashte Archi”, au nord-est de la capitale provinciale, “et qui s’étaient récemment installées dans la ville”, a indiqué à l’AFP Khosh Mohammad Nasratyar, membre du Conseil provincial de Kunduz.

Les civils paient un lourd tribut au conflit en Afghanistan: 32.000 ont été tués et 60.000 ont été blessés ces dix dernières années.

Un rapport de la Manua fin février avait révélé que l’année 2018 avait été la plus meurtrière jamais enregistrée avec 3.804 civils tués, en grande majorité par les talibans et le groupe Etat islamique (EI).

Mais les victimes des forces pro-gouvernementales augmentent également, notamment du fait des frappes aériennes.

“C’est la première fois que les opérations aériennes se traduisent par la mort de plus de 500 civils”, notait le rapport onusien, attribuant 393 décès à la coalition internationale de l’Otan et 118 à l’armée de l’air afghane.

Pour la seule année 2018, “à peu près le même nombre de civils sont morts des suites de bombardements que les années 2014, 2015 et 2016 combinées”, avait précisé l’ONU.

L’aviation américaine, qui soutient l’armée de l’air afghane, a considérablement intensifié ses frappes aériennes en 2018. D’après un document de l’armée américaine, les missiles et tirs de drones ayant visé les positions ennemies avaient augmenté d’environ 70% par rapport à 2017.

Dans son communiqué publié lundi, la Manua “exhorte les autorités compétentes et les parties impliquées dans la frappe aérienne à mener leurs propres enquêtes sur l’incident et à prendre immédiatement des mesures pour protéger les civils”.

La province de Kunduz, dont les talibans contrôlent plusieurs districts, a été le théâtre de bavures récurrentes ces dernières années. En avril 2018, un bombardement par l’aviation afghane d’une école coranique avait fait 36 morts, dont 30 enfants, et 71 blessés, selon un bilan établi par l’ONU.

En octobre 2015, un hôpital de MSF avait été la cible de plusieurs raids aériens conduits par les forces américaines à Kunduz, faisant au moins 42 morts, dont 24 patients et 14 membres du personnel de l’ONG.

Alors que MSF avait envoyé les coordonnées GPS de l’établissement à toutes les parties du conflit, le Pentagone avait estimé que ce bombardement n’était pas un crime de guerre car il n’était pas intentionnel, mais le fruit d’une “combinaison d’erreurs humaines”.

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