Washington renouvelle ses accusations d’ingérence contre la Chine

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WASHINGTON (Reuters) – La Chine mène une campagne sans précédent pour influencer l’opinion publique américaine à l’approche des élections de mi-mandat du 6 novembre et représente la plus grande menace à long terme pour le contre-espionnage américain, ont déclaré mercredi des responsables de l’administration Trump, réitérant des accusations lancées le mois dernier par le président américain.

Les sénateurs de la commission sénatoriale de la Sécurité intérieure ont entendu la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen et le directeur du FBI Christopher Wray pour qu’ils reviennent sur ces accusations.

Devant les membres de la commission, Nielsen a rangé en deux catégories les opérations menaçant la sécurité du processus électoral: le piratage informatique et l’intrusion dans les systèmes de vote électronique ou d’inscription sur les listes électorales d’un côté, et les campagnes d’influence de l’autre.

“Nous n’avons pas observé à ce jour de tentatives chinoises pour compromettre les infrastructures électorales”, a-t-elle dit, mais “la Chine est certainement en train d’exercer un effort sans précédent pour influencer l’opinion américaine”.

Christopher Wray a quant à lui jugé que la Chine représentait pour le contre-espionnage américain “la menace la plus vaste, la plus complexe et la plus durable”.

“Par de nombreux aspects, la Russie lutte pour garder son rang depuis la chute de l’Union soviétique. Leur combat est dans le présent. La Chine livre la bataille de demain”, a commenté le directeur du Bureau fédéral d’investigation.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qu’il présidait, Donald Trump a accusé en septembre la Chine de chercher à faire perdre le Parti républicain lors des élections de mi-mandat du 6 novembre en raison de la politique commerciale hostile à Pékin déployée par le président américain.

Son vice-président Mike Pence est allé plus loin le 4 octobre en accusant Pékin d’avoir “mobilisé des acteurs clandestins, des sociétés-écrans et des organes de propagande pour modifier la perception de la politique chinoise par les Américains”. Il a ajouté que la Chine avait sciemment relevé ses droits de douane sur les produits affectant prioritairement les Etats où Donald Trump bénéficie d’un fort soutien électoral.

Aucune preuve solide à l’appui de ces accusations d’ingérence n’a été pour l’heure apportée par Trump ni par Pence, au point que les commentateurs soupçonnent la Maison blanche de vouloir faire oublier l’enquête sur l’influence présumée de la Russie sur l’élection présidentielle de 2016 et imputer à la Chine un éventuel mauvais résultat du Parti républicain aux “mid-terms”.

Pékin dénonce des accusations injustifiées et des calomnies.

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