Un an de prison avec sursis pour Karim Tabbou

Un an de prison avec sursis pour Karim Tabbou

AFP  – Figure centrale du mouvement de protestation en Algérie, l’opposant Karim Tabou a été condamné lundi à un an de prison avec sursis et à une amende de 100 000 dinars pour ‘atteinte à la sûreté nationale”. Il ne retourne donc pas en prison.

L’opposant Karim Tabbou, figure centrale du mouvement de protestation populaire en Algérie, a été condamné, lundi 7 décembre, à un an de prison avec sursis pour “atteinte à la sûreté nationale”. Une peine relativement clémente qui lui permet de ne pas retourner derrière les barreaux.

En revanche, il a été relaxé du chef d'”atteinte au moral de l’armée”, à la suite de déclarations critiquant le régime et l’armée en mai 2019 au cours d’un rassemblement à Kherrata (nord-est), un fief de la contestation antirégime.

“Karim Tabbou a été condamné à un an de prison avec sursis et une amende de 100 000 dinars (environ 640 euros)” par le tribunal de Koléa, près d’Alger, a déclaré à l’AFP Me Nassima Rezazgui, l’une de ses avocates.

“Je suis blessé d’entendre ces accusations : atteinte au moral des troupes et atteinte à l’unité nationale, moi qui ai appris la politique auprès d’hommes comme Hocine Aït Ahmed”, l’un des dirigeants historiques de l’indépendance puis opposant socialiste au régime, s’était défendu Karim Tabbou à son procès, selon des médias algériens.

Le procureur avait réclamé trois ans de prison ferme et une amende de 100 000 dinars à l’encontre de l’opposant.

Arrêté le 26 septembre 2019 dans le cadre de cette affaire, il avait été emprisonné pendant neuf mois avant de bénéficier d’une libération conditionnelle le 2 juillet dernier.

“Notre combat continue pour un État de droit”

Dans une autre affaire, Karim Tabbou avait été condamné en appel, le 24 mars, à un an de prison ferme pour le même chef d'”atteinte à la sûreté nationale”, en raison d’une vidéo parue sur la page Facebook de son parti, dans laquelle il critiquait l’ingérence de l’armée dans les affaires politiques, peine qu’il a déjà purgée. Il reste donc en liberté.

“Il est vraiment malheureux de condamner une personne à deux reprises sous le même chef d’accusation. C’est une violation de la loi. Notre combat continue pour un État de droit”, a commenté son avocate.

Chef d’un petit parti d’opposition non agréé par les autorités, l’Union démocratique et sociale (UDS), Karim Tabbou est l’un des visages les plus connus du “Hirak”, sinon le plus populaire.

Son portrait était régulièrement brandi pendant les manifestations hebdomadaires contre le pouvoir en Algérie jusqu’à leur suspension en mars dernier en lien avec la crise sanitaire.

90 personnes emprisonnées en lien avec la contestation

​​​​​​​Karim Tabbou est récemment revenu sur le devant de la scène politique en reprochant avec virulence au président français, Emmanuel Macron, son soutien à son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune. Reproche exprimé dans un entretien avec l’hebdomadaire Jeune Afrique, mais aussi lors d’un entretien avec France 24.

Au total, quelque 90 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec la contestation et/ou les libertés individuelles. Des poursuites fondées, pour beaucoup, sur des publications sur Facebook critiquant les autorités, d’après le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de solidarité avec les prisonniers d’opinion.

Né en février 2019 d’un immense ras-le-bol des Algériens, le “Hirak” réclame un profond changement du “système” en place depuis l’indépendance en 1962. Il a provoqué le départ du président Abdelaziz Bouteflika après 20 ans au pouvoir.

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