Trump voudrait être autant écouté par son peuple que Kim Jong-un

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WASHINGTON (Reuters) – Donald Trump a souhaité vendredi que son peuple l’écoute aussi attentivement que le font les Nord-Coréens avec leur dirigeant Kim Jong-un, une boutade selon le président américain, qui n’en a pas moins provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Donald Trump et Kim Jong-un ont tenu mardi un sommet historique à l’issue duquel ils ont signé un document “complet” scellant l’engagement des deux dirigeants à mener une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne. Le président américain a dit après cette rencontre avoir développé un “lien très particulier” avec Kim Jong-un.

Interrogé sur une éventuelle invitation de Kim à la Maison blanche, Trump a redit que cela était une possibilité.

“Il est à la tête d’un pays”, a-t-il déclaré lors d’un entretien à la chaîne Fox News enregistré à la Maison blanche.

“Quand (Kim) parle, son peuple prend bonne note. Je veux que mon peuple fasse de même”, a-t-il poursuivi.

Kim Jong-un est suspecté d’avoir ordonné l’assassinat de son demi-frère en février 2017 et l’exécution de son oncle en 2013. Selon des enquêtes de l’Onu, le dirigeant nord-coréen est coupable de violations des droits de l’homme et a recours à la famine pour renforcer la loyauté à son égard.

Interrogé un peu plus tard par des journalistes sur le sens de sa réponse, Donald Trump a assuré qu’il “plaisantait”. “Vous ne comprenez pas le sarcasme”, a-t-il ajouté.

Cette plaisanterie, effectuée de manière impassible, est la dernière en date de Trump à propos des dirigeants autocratiques. Des plaisanteries qui alimentent chez les détracteurs de Trump l’idée que le président américain apprécie les despotes.

En mars, lors d’un dîner privé avec des donateurs, Donald Trump a évoqué l’abolition en Chine de la disposition constitutionnelle limitant la fonction présidentielle à deux mandats de cinq ans, ce qui donne le droit à Xi Jinping d’être président du pays à vie.

“Président à vie, cela sonne bien. Peut-être qu’il faudrait que l’on essaie ça ici”, a dit ensuite le président américain en évoquant l’indignation provoquée par ses propos. “Je plaisante”, a-t-il assuré.

Les propos de Donald Trump ont provoqué des critiques des médias parce que ces propos correspondent à la caricature de Trump créée par ses opposants, juge Chris Barron, un stratège républicain pro-Trump.

“Ils croient que Trump est d’une certaine manière ce despote et ils attendent que des propos viennent corroborer leur version”, explique-t-il.

Il y a des sujets sur lesquels les présidents ne doivent pas plaisanter publiquement, de peur de rendre leurs alliés nerveux ou d’enhardir leurs adversaires, estime cependant David Litt, auteur de discours pour l’ancien président Barack Obama.

“Peut-être que Donald Trump est le genre d’humoriste pince-sans-rire qui sait à quel point les dictateurs sont terribles – mais si c’est le cas, il devrait attendre sa retraite en tant que président pour utiliser cette partie de son spectacle”, a-t-il dit à Reuters.

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