Syrie : Les “djihadistes” renforcent leur contrôle sur la région d’Idlib

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AMMAN (Reuters) – Les djihadistes d’Hayat Tahrir al Cham (HTS, Organisation de libération du Levant) ont resserré leur emprise sur la région d’Idlib, dernier grand bastion des insurgés en Syrie, après neuf jours de combats contre des groupes rebelles appuyés par la Turquie.

Grâce à leurs récents succès militaires, ils ont contraint jeudi les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) à accepter un accord politique qui prévoit la mise en place dans plusieurs localités d’une administration civile appuyée par le HTS, le “Gouvernement de salut”.

Le HTS, dominé par l’ex-Front al Nosra, contrôle désormais la majeure partie de l’enclave d’Idlib.

La progression dans ce secteur de l’alliance djihadiste, considérée comme une organisation terroriste par Ankara et Washington, risque de remettre en cause l’accord de démilitarisation conclu en septembre dernier par la Turquie et la Russie, qui a permis d’éviter une offensive de l’armée syrienne dans la province.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a reconnu jeudi qu’il n’était pas “très facile” de maintenir cet accord de septembre qui prévoyait le départ des groupes islamistes d’une zone tampon établie entre les lignes de front.

“Les groupes extrémistes ont mené une attaque contre l’opposition modérée. En conséquence, nous prenons évidemment toutes les précautions nécessaires”, a-t-il ajouté.

Selon une source de l’opposition syrienne, proche des services de renseignement turcs, Ankara a joué un rôle central pour prévenir la poursuite des combats et inciter les rebelles à accepter la proposition du HTS.

Pour le commandant Youssef Hamoud, porte-parole de l’Armée nationale, une alliance de groupes rebelles, la mainmise des djihadistes sur la région risque de “servir de prétexte pour les Russes et l’armée du régime de dénoncer l’accord de septembre” et lancer une grande offensive.

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