Libye : Des cadavres d’enfants dans des charniers découverts à Tarhouna

Partagez cet article

TUNIS (Reuters) – Des cadavres d’enfants ont été trouvés dans les charniers découverts ces derniers jours à Tarhouna en Libye, après le retrait des forces du maréchal Khalifa Haftar et de leurs alliés locaux, ont déclaré mardi des membres du Croissant rouge et du Gouvernement d’entente nationale (GEN) en place à Tripoli.

Le GEN a repris le 5 juin dernier cette ville située au sud-est de la capitale libyenne, après son évacuation par les forces pro-Haftar et leur repli vers l’est du pays.

Les forces du GEN disent avoir découvert 106 corps dans un hôpital et des habitants de Tarhouna ont signalé la présence de huit fosses communes autour de la ville, ce qui a incité les Nations unies à réclamer une enquête urgente et transparente sur ce qui pourrait constituer des crimes de guerre.

Parmi les 106 corps à l’hôpital, 29 ont été identifiés, dont ceux de femmes et d’enfants, a précisé Faisal Djaloual, le représentant du Croissant rouge en Libye, mardi lors d’une conférence de presse.

Kamal Al Siwi, chef du bureau des personnes disparues du GEN, a précisé pour sa part qu’une dizaine de corps avaient été déterrés d’un des huit charniers découverts.

Tarhouna a été pendant des années contrôlée par le clan Kani et son groupe armé, connu sous le nom de Kaniyat, qui ont changé plusieurs fois d’allégeance au cours de la guerre civile qui perdure depuis la révolution de 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi.

La ville a servi de base arrière aux forces pro-Haftar lors de leur offensive lancée en avril 2019 contre Tripoli et les Kaniyat ont combattu à leurs côtés dans les faubourgs sud de la capitale libyenne.

Un responsable du ministère de la Justice du GEN, Nasser Ghaïta, a déclaré avoir émis 23 mandats d’arrêt dans le cadre de la découverte de ces charniers et demandé l’aide technique des Nations unies. Selon le GEN, des “familles entières” ont été massacrées.

L’ALN dément que ses forces aient le moindre lien avec ces charniers et réclame que les Nations unies enquêtent sur des rumeurs d’abus commis par les forces du GEN à Tarhouna.

Donner votre avis