Le Pakistan veut relancer le dialogue entre Téhéran et Ryad

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Téhéran (AFP) – Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a proposé dimanche à Téhéran de faciliter un dialogue entre l’Iran et l’Arabie saoudite afin d’éviter qu’une guerre n’éclate entre ces deux pays.

Au cours d’une visite de plusieurs heures à Téhéran, M. Khan a indiqué à la presse, après avoir rencontré le président iranien Hassan Rohani, qu’il comptait se rendre “en Arabie saoudite mardi”.

“Nous agirons (…) comme un facilitateur, pas un médiateur”, a ajouté M. Khan, “nous aimerions faciliter un dialogue” entre Téhéran et Ryad, deux capitales qui ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016.

“C’est une initiative que nous lançons nous-mêmes. Personne ne nous a demandé de le faire”, a assuré M. Khan, lors d’un point de presse commun avec M. Rohani.

“Il est impératif que nous empêchions un conflit d’éclater” entre la République islamique d’Iran (chiite) et le royaume saoudien (sunnite), a encore déclaré M. Khan.

“Je me sens réconforté” à l’issue de cette rencontre, a également dit le Premier ministre pakistanais. “C’est compliqué, c’est complexe, mais je pense qu’il est possible de résoudre le différend” entre les deux pays, a-t-il assuré.

– “Réponse appropriée” –

La tension est au plus haut dans la région du Golfe, après qu’un tanker iranien, le Sabiti, a été touché vendredi en mer Rouge selon l’Iran par des frappes de missiles, à une centaine de kilomètres d’un port saoudien.

“Si un pays pense qu’il peut créer de l’insécurité dans la région sans recevoir une réponse appropriée, il se trompe”, a déclaré M. Rohani après sa rencontre avec M. Khan

L’incident du Sabiti est le dernier d’une longue série dans la région, après des attaques en Arabie saoudite, des saisies de pétroliers dans le Golfe et la destruction d’un drone américain par Téhéran.

En septembre, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, puis l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont accusé l’Iran d’être responsable de frappes aériennes contre deux sites pétroliers stratégiques dans l’est du royaume saoudien, qui avaient brièvement bondir les prix du brut de 20%.

Téhéran a nié toute implication dans ces attaques revendiquées par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran et combattus par une coalition militaire dirigée par Ryad.

M. Khan a également rencontré dimanche le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Celui-ci a estimé que la fin de la guerre au Yémen pourrait avoir “des conséquences positives pour la région” dans son ensemble, selon son compte Twitter officiel.

M. Khamenei a également déclaré que l’Iran n’avait aucune intention de déclencher une guerre mais que tout pays qui attaquera l’Iran “le regrettera assurément”.

Selon un communiqué du bureau de M. Khan, le Premier ministre pakistanais a loué l'”engagement personnel du guide suprême en faveur de la cause du Cachemire”, province que se disputent Islamabad et New Delhi.

Le Pakistan a de fortes relations diplomatiques et militaires avec l’Arabie saoudite, où vivent 2,5 millions de Pakistanais. Islamabad représente également les intérêts consulaires de l’Iran aux Etats-Unis, ces deux pays n’entretenant aucune relation diplomatique.

La visite de M. Khan à Téhéran est le deuxième voyage qu’il effectue cette année en Iran, pays avec lequel le Pakistan partage un millier de kilomètres de frontières.

– “Lever tout malentendu” –

Avant sa venue, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, avait répété la position selon laquelle l’Iran “est prêt à négocier avec ses voisins, y compris l’Arabie saoudite, avec ou sans l’aide d’un médiateur, pour lever tout malentendu”.

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