18/10/2021

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Justice : une enquête ouverte après des accusations de torture d’un étudiant

Hirak

AFP- Le parquet général auprès de la cour d’Alger a ordonné dimanche l’ouverture d’une enquête après le témoignage d’un étudiant algérien qui affirme avoir été torturé par des membres des services de sécurité.

Agression sexuelle en garde à vue
Lors de son procès le 1er février, Walid Nekkiche, 25 ans, resté plus d’un an en détention administrative, a dit avoir été « agressé sexuellement, physiquement et verbalement » par des éléments des services de sécurité pendant une garde à vue. Un témoignage éprouvant qui a suscité une vive indignation en Algérie.

« Dans le but d’établir la vérité sur ce qui se serait passé dans l’affaire du citoyen Walid Nekkiche », le parquet a ordonné au « procureur de la République auprès du tribunal de Bir Mourad Rais de diligenter une instruction préliminaire sur les faits avancés par le concerné et a chargé la police judiciaire compétente de cette mission », selon un communiqué du parquet.

L’ouverture de l’enquête fait suite aux « réactions et commentaires » des médias qui ont été « provoqués par les déclarations du jeune étudiant », a-t-il ajouté, disant s’inquiéter pour le « respect de la liberté et de la dignité des suspects placés en garde à vue ».

6 mois de prison pour des tracts
« J’ai vécu l’enfer (…) J’ai beaucoup enduré durant ces quatorze mois de prison et surtout les six jours passés à la caserne Ben Aknoun » à Alger, a affirmé Walid Nekkiche samedi dans le quotidien algérois.

Lors du procès, le procureur du tribunal de Dar El Beida à Alger avait requis la perpétuité contre l’étudiant, poursuivi pour « complot contre l’Etat », « atteinte à l’intégrité du territoire national » et « incitation de la population à prendre les armes », des chefs d’accusation très graves au regard de la loi algérienne.

Le jeune homme a été finalement condamné à six mois de prison ferme pour « distribution et possession de tracts pour porter atteinte à l’intérêt du pays ». Et comme la peine de six mois était couverte par la durée de la détention préventive, il a été libéré mardi.

Hirak
Walid Nekkiche avait été arrêté le 26 novembre 2019 à Alger lors d’une marche hebdomadaire des étudiants du « Hirak », le mouvement de protestation antirégime né en février 2019 et suspendu depuis la crise sanitaire. La révélation des sévices infligés à Walid Nekkiche a été abondamment commentée dans certains médias et sur les réseaux sociaux.

« Dans l’attente d’un nouveau procès équitable et impartial (de Walid Nekkiche), la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme continuera à suivre de près ce dossier jusqu’à ce que la vérité soit établie et la justice soit faite » », a réagi auprès de l’AFP son vice-président Saïd Salhi.