Guerre d’Algérie : Des associations et des historiens de France plaident pour “l’accès immédiat” aux archives

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PARIS -APS :  Des associations, des historiens et des juristes français ont plaidé dimanche auprès du Premier ministre français, Edouard Philippe, pour “l’accès immédiat” aux archives inhérentes, entre autres, à la guerre de libération de l’Algérie, à travers l’abrogation du texte de loi préconisant la “protection du secret de défense nationale”.

En sus d’historiens et de juristes, il s’agit de l’Association des archivistes français (AAF), l’Association des historiens contemporanéistes (AHCESR) ainsi que de l’Association Josette et Maurice Audin, lesquels ont choisi le jour anniversaire de l’assassinat de Maurice Audin, le 21 juin 1957, pour demander “l’accès immédiat aux archives classifiées secret de la défense nationale librement communicables de plein droit a? l’expiration d’un délai de cinquante ans, sans qu’aucune autre condition particulière ne puisse être exigée”.

Dans une démarche qualifiée d'”inédite”, ces parties ont appelé, dans une déclaration rendue publique, à “l’abrogation” de l’article 63 de l’Instruction générale interministérielle no 1300 (IGI 1300) portant

“Protection du secret de la défense nationale”, déplorant que l’application de cette instruction se soit “considérablement durcie ces derniers mois, a la demande du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale”. Ce dernier entendant “subordonner la communication de ces documents a une procédure administrative dite de +de?classification+”, est-il ajouté.

“La de classification des documents (qui consiste a? apposer un marquage réglementaire complété par des informations porte?es a? la main sur chaque document) est une tâche titanesque car les services d’archives peuvent se trouver dépositaires de dizaines de milliers de documents couverts par le secret de la défense nationale”, relèvent, à ce propos, les auteurs de cette demande publiée par le journal du dimanche.

Ils considèrent : “cette situation, sous le prétexte abusif de la nécessité de protection du secret de la défense, a pour conséquence une complexification absurde et une restriction sans précédent de l’accés aux archives publiques de la période 1940-1970”.

“Alors que le président de la République (Emanuel Macron) appelle a un débat sur le passe colonial de notre pays, l’accès aux archives permettant un examen informe et contradictoire de ces questions est aujourd’hui entrave. Comment la France peut-elle examiner sereinement ces questions?”, interrogent-ils le Premier ministre.

En outre, les signataires de la demande regrettent qu'”aborder les enjeux les plus controversés de notre passe? récent, comme l’Occupation, les guerres coloniales ou l’histoire politique agite?e des années 1950 a? 1970, soit ainsi devenu un parcours du combattant des qu’il s’agit d’archives classifiées”, estimant que “l’examen contradictoire du passe, a partir de sources fiables, constitue une dimension fondamentale du débat démocratique”.

“L’accès aux archives est d’ailleurs garanti par l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789”, rappellent-ils, notant que “la multiplication des fake-news et autres réécritures du passe? sans base documentaire, ajoutée a la défiance a l’égard des institutions, rendent aujourd’hui l’accès ouvert aux archives d’autant plus nécessaire”.

Tout en insistant sur l’abrogation des dispositions de l’IGI 1300, jugées “contraires a la loi”, les auteurs de l’écrit concluent en soulignant que “les effets pratiques, constates par de nombreux chercheurs et citoyens, posent des limites inacceptables au libre examen de l’histoire récente (de la France) dans un cadre démocratique et républicain”.Parmi les historiens signataires de cette demande figurent Marc-Olivier Baruch, Raphaelle Branche, Denis Peschanski, Henry Rousso et Olivier Wieviorka.

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