25/05/2022

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Brexit : Selon le Guardian, l’UE envisage son report jusqu’en 2021

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LONDRES (Reuters) – Les dirigeants européens étudient au plus haut niveau la possibilité de reporter le Brexit jusqu’en 2021 si la Première ministre britannique Theresa May ne parvient pas à faire adopter par le Parlement de Westminster l’accord qu’elle a négocié avec Bruxelles, rapporte dimanche soir le Guardian en citant des sources européennes.

« Remplacer la période de transition de 21 mois par une prolongation de l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE leur permettrait de développer leurs plans relatifs à la relation future (entre les deux parties) avec l’objectif de rendre inutile le controversé ‘backstop’ irlandais », écrit A 21-month extension makes sense as it would cover the multi-financial framework [the EU’s budget period] and make things easier. Provided leaders are not completely down with Brexit fatigue, and a three-month technical extension won’t cut it, I would expect a 21-month kick [of the can]. It is doing the rounds in Brussels corridors. Martin Selmayr [the European commission’s secretary-general], among others, also fond of the idea.” le quotidien britannique.

Bruxelles, ajoute le Guardian, est déterminée à éviter une prolongation courte qui ne ferait que renvoyer le sujet à l’été prochain.

Dans le scénario rose du Brexit, Londres et Bruxelles devaient négocier un accord de retrait fixant les modalités du retrait, fixé au 29 mars. S’en suivait une période de transition de 21 mois, soit jusqu’à fin décembre 2020, durant laquelle le Royaume-Uni, tout en étant officiellement sorti de l’UE, continuait d’appliquer les règles européennes, le temps de négocier un accord sur les relations futures, et notamment commerciales, entre les deux parties.

Un accord de retrait a bien été négocié, et entériné le 25 novembre par les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept. Mais trois mois ont passé, et Theresa May est toujours dans l’incapacité de le faire ratifier par la Chambre des communes.

Une première tentative fixée au 11 décembre a tourné court: constatant la veille l’absence de majorité autour de l’accord de retrait, May l’a retiré in extremis de l’ordre du jour de la Chambre des communes.

Un premier vote a fini par s’y tenir, le 15 janvier dernier: il a tourné au désaveu massif pour la cheffe du gouvernement britannique, les députés le rejetant par 432 voix contre 202 avant de charger deux semaines plus tard la Première ministre d’obtenir des modifications.

« SELMAYR EN EST FRIAND »

Le rejet du « backstop » nord-irlandais par les plus ardents Brexiters du Parti conservateur explique en grande partie ce blocage. Ce mécanisme de « dernier recours », qui ne s’appliquera que si Londres et Bruxelles ne trouvent pas une meilleure solution, est censé éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la république d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord afin de préserver les accords de paix de 1998.

Fonctionnant comme une assurance, il prévoit que le Royaume-Uni demeure dans l’union douanière européenne jusqu’à ce que d’autres arrangements soient trouvés et maintient spécifiquement l’Irlande du Nord dans la zone économique européenne.

« Une prolongation de 21 mois a du sens puisqu’elle couvrirait le cadre financier multiannuel (ndlr, le budget communautaire européen) et simplifierait les choses », indique un diplomate européen cité par le Guardian.

« A condition que les dirigeants ne soient pas totalement lassés par le Brexit – et une extension technique de trois mois n’y remédiera pas -, je m’attends à un report de 21 mois. L’idée circule dans les couloirs de Bruxelles. Martin Selmayr (ndlr, le secrétaire général de la Commission européenne), parmi d’autres, est friand de cette idée », ajoute ce diplomate.