25/05/2022

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Meurtre de Khashoggi: Erdogan va t-il dire tout ce que ses services savent?

Istanbul (AFP) – Le président turc Recep Tayyip Erdogan doit révéler mardi « toute la « vérité » sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, une affaire désastreuse pour l’image internationale de l’Arabie saoudite.

M. Erdogan doit s’exprimer à partir de 08h45 GMT au Parlement à Ankara lors de la réunion hebdomadaire des députés du parti au pouvoir, trois semaines après la disparition du journaliste.

M. Erdogan prendra la parole quelques heures après l’ouverture à Ryad d’un forum international sur l’investissement, marqué par des désistements en cascade de dirigeants étrangers et chefs d’entreprises, dans la tourmente de l’affaire Khashoggi.

A la veille du forum, le prince héritier saoudien et homme fort du royaume Mohammed ben Salmane a reçu à Ryad le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, en tournée dans la région mais qui a renoncé à participer à la conférence après le meurtre de Khashoggi.

Le journaliste saoudien de 59 ans, tombé en disgrâce après être devenu critique du régime de Ryad, était entré au consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre, pour une démarche administrative. Il n’en était pas ressorti vivant.

– « Rien ne restera secret » –

« Depuis le début, la ligne de notre président est claire: rien ne restera secret concernant cette affaire », a déclaré lundi le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin.

La Turquie « ne voudrait pas » que ses relations avec l’Arabie saoudite, « pays frère et ami », pâtissent de ce meurtre, a-t-il ajouté. « Par conséquent, une grande responsabilité incombe aux autorités saoudiennes sur la question de l’éclaircissement de cette affaire », selon ce porte-parole.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a jugé mardi « important » que Ryad ait reconnu le meurtre de Khashoggi, « même si cela est arrivé tardivement ».

Il a affirmé que la Turquie était disposée à coopérer avec une éventuelle enquête internationale.

Dès le 6 octobre, une source proche du gouvernement turc avait révélé que la police avait conclu que le journaliste avait « été tué au consulat par une équipe venue spécialement à Istanbul et repartie dans la même journée ».

M. Erdogan avait, en vain, appelé les autorités saoudiennes, qui soutenaient que Khashoggi avait quitté le consulat, à présenter des preuves à l’appui de leurs dénégations.

– Trump « pas satisfait » –

Ryad a fini par avouer samedi que le journaliste était bel et bien mort au consulat, lors d’une « rixe ». Il s’agissait d’une « opération non autorisée » par le pouvoir et dont le prince héritier ben Salmane, dit MBS, n’était pas informé.

Avec la succession de révélations macabres dans la presse, cette version n’a pas convaincu.

« Je ne suis pas satisfait de ce que j’ai entendu », a dit lundi le président américain Donald Trump, qui avait déjà déploré la veille les « mensonges » de Ryad.

Son gendre et conseiller Jared Kushner a de son côté conseillé au prince héritier Mohammed ben Salmane « d’être transparent ».

Lundi, à la veille du discours très attendu de M. Erdogan, la Turquie a accentué la pression.

« Nous sommes face à une situation qui a été sauvagement planifiée et des efforts conséquents ont été déployés pour dissimuler » ce meurtre, a avancé le porte-parole du parti au pouvoir en Turquie (AKP), Omer Celik.

Selon le journal progouvernemental Yeni Safak, le chef d’un commando de 15 Saoudiens dépêché à Istanbul pour tuer M. Khashoggi a appelé le directeur de cabinet de « MBS », Bader al-Asaker, « quatre fois après le meurtre ».