Ebola en RDC: un décès, deux nouveaux cas en 24 heures

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Goma (RD Congo) (AFP) – Avec un décès et deux nouveaux cas de contamination au virus Ebola détectés en seulement 24 heures à Goma, le grand carrefour commercial de l’est de la RD Congo, la crainte de propagation régnait notamment à la frontière avec le Rwanda, fermée plusieurs heures jeudi.

Un an après l’apparition du virus en République démocratique du Congo et une quinzaine de jours après la détection du premier cas dans la grande métropole du Nord-Kivu, trois membres d’une même famille ont été touchés par l’épidémie, accroissant les risques de diffusion.

Après le père décédé mercredi, puis une de ses filles âgée d’un an détectée la nuit suivante, sa femme a été testée positive jeudi.

“Il y a un quatrième cas positif à la maladie à virus Ebola dans la ville de Goma. Ce nouveau cas est la femme de l’homme qui est décédé hier matin. Nous sommes en train d’effectuer les investigations autour de ce cas”, a déclaré à l’AFP le Dr Boubacar Diallo, coordonnateur en charge de la surveillance de cette épidémie pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’épidémie de fièvre hémorragique, qui se transmet par contacts humains directs et étroits et dont le taux de létalité est très élevé, a longtemps été cantonnée aux régions rurales du Nord-Kivu (essentiellement Beni et Butembo) et en Ituri voisine.

Sa propagation à de grands centres urbains densément peuplés et au-delà des frontières de la RDC lui donnerait une nouvelle dimension.

Son arrivée à Goma, qui forme un hub régional, disposant d’un aéroport reliant les capitales de Kinshasa en RDC, Entebbe-Kampala en Ouganda et Addis Abeba en Ehtiopie, et d’où des bateaux partent vers le Sud-Kivu, inquiète. En juin, deux cas d’Ebola en provenance de RDC ont été détectés en Ouganda.

Jeudi matin, le Rwanda a fermé sa frontière avec la RDC avant de la rouvrir en début d’après-midi. Pendant quelque huit heures, les Congolais n’ont pu entrer dans la ville rwandaise de Gisenyi, frontalière de Goma, où les Rwandais de leur côté n’étaient pas autorisés à se rendre, a constaté un correspondant de l’AFP.

L’épisode a irrité les autorités congolaises qui ont estimé que cela portait préjudice aux “Congolais et expatriés qui vivent à Gisenyi mais travaillent à Goma” et allait à l’encontre de la recommandation de l’OMS sur la libre circulation des personnes dans la région, selon un communiqué de la présidence congolaise.

“J’ai attendu depuis 7H00 (5h00 GMT). Je n’ai franchi la frontière congolaise qu’à 14H15 (12H15 GMT), s’est plainte auprès de l’AFP Antoinette Zeyimana, une vendeuse rwandaise de cartes de recharge.

Fermer une frontière est contre-productif, ont indiqué à des journalistes à l’ONU des experts de la santé.

“Si vous commencez à terrifier les gens, vous arrêtez tout, ils s’enfuient, ils se cachent et ils propagent la maladie”, a averti Margaret Harris, porte-parole de l’équipe de l’OMS en charge de la surveillance d’Ebola en RD Congo, via vidéo.

La situation s’est débloquée après une réunion au cours de laquelle les autorités congolaises de l’immigration ont assuré à leurs homologues rwandais que les mesures prophylactiques de lavage des mains et de prise de température seraient renforcées et strictement observées à la frontière afin de ne laisser passer aucun cas suspect, a indiqué un responsable local de la Direction générale congolaise des migrations (DGM).

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