Football

Coupe d’Asie : Le chant des larmes et du salut militaire pour les Iraniennes

Après un silence lourd de sens lundi dernier, les joueuses de la sélection iranienne ont choisi de chanter l’hymne national ce jeudi face à l’Australie. Un geste d’unité nationale alors que le pays est plongé dans un chaos sans précédent suite aux bombardements israélo-américains.

Un revirement chargé de symboles

L’image contraste violemment avec celle de lundi. Lors de leur entrée en lice dans la Coupe d’Asie face à la Corée du Sud (défaite 3-0), les joueuses étaient restées muettes, un silence interprété comme un signe de protestation ou de sidération, deux jours seulement après le début des frappes visant Téhéran.

Ce jeudi, sur la pelouse australienne, le ton a changé. Les Iraniennes ont entonné le Mehr-e Khavaran avec une ferveur solennelle. Plus marquant encore : chaque joueuse a porté la main à la tempe pour un salut militaire, un geste de soutien explicite aux forces nationales et à une nation meurtrie par six jours d’affrontements meurtriers.

« Inquiètes et coupées du monde »

En coulisses, la détresse est palpable. En conférence de presse mercredi, l’attaquante Sara Didar n’a pu retenir ses larmes. Derrière l’enjeu sportif, le drame humain occulte tout le reste. La sélectionneuse, Marziyeh Jafari, a partagé l’angoisse d’un groupe isolé par les coupures d’internet en Iran :

« Il est évident que nous sommes très préoccupées par nos familles et nos proches. Nous sommes complètement coupés d’eux. »

Une nation sur le fil du rasoir

Le contexte géopolitique est apocalyptique. Les frappes israélo-américaines ont non seulement visé des points stratégiques mais ont également coûté la vie au Guide Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei. En représailles, l’Iran a lancé des salves de missiles contre Israël et les bases américaines dans le Golfe.

Parallèlement, les tensions s’exportent sur d’autres fronts : Téhéran a officiellement accusé Israël d’avoir orchestré une attaque de drone en Azerbaïdjan dans le but de faire porter la responsabilité à l’Iran et de déstabiliser davantage la région.

Des icônes malgré la tragédie

Apparues pour la première fois sur la scène continentale en 2022, ces footballeuses sont devenues des symboles de résilience dans un pays où les droits des femmes sont historiquement restreints. Aujourd’hui, sur le terrain, elles ne jouent plus seulement pour un trophée, mais pour porter la voix d’un peuple dont le destin bascule chaque heure un peu plus dans l’inconnu.

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